Course « Challenge » Mac Man

Cette course ne se résume pas à la course de Mackinac à Little Current en soi; l'aventure s'amorce plutôt dès le moment où l'on décide d'inscrire le bateau. Mettre le bateau à l'eau et le préparer pour la course n'est que le début. Il faut s'assurer que le bateau soit équipé comme il se doit et qu'il contient toutes les provisions nécessaires : c'est là le lancement de l'événement. Faire le voyage de Little Current à Mackinac est une activité sociale et une occasion de régler le gréement avec précision. La température n'est jamais prévisible et la navigation à la voile jusqu'à Mackinac représente habituellement un défi ou peut, à l'occasion, être simplement un moment de détente. Avoir un vent contraire n'est pas agréable et faire marche avant est presque impossible et très épuisant, mais avoir un vent du sud ou du nord permet de gagner le canal en douceur. Visiter des points d'ancrage différents le long du parcours est un moment privilégié et rencontrer d'autres concurrents est une garantie de plaisir.
Arriver à l'île et se préparer pour les festivités est toujours quelque chose que l'on attend avec impatience, particulièrement la visite au Pink Pony suivie de la réunion d'avant-course au club de voile, où nous sommes accueillis chaleureusement et où l'on a prévu un lunch et des rafraîchissement pour nous tous. La rencontre de tous les participants est toujours agréable et on y partage des anecdotes sur la course. Puis, de retour au Pink Pony pour les festivités d'avant-course.
Le matin n'arrive jamais assez vite et nous sommes prêts à défier le lac; nous prions pour que le vent soit favorable et que le ciel demeure dégagé, mais nous devons naviguer, peu importe ce que nous réserve le lac Huron. Certaines années, le lac est agité et ces années-là on voit beaucoup de marins changer de couleur, d'autres années, il l'est moins et la navigation est exceptionnelle et puis il y a des moment où il n'y a pas ou presque pas de vent et où la navigation devient très difficile. Alors, comme vous pouvez le voir, on ne peut prédire le temps qu'il fera, ce qui rend la navigation à la voile encore plus intéressante.
Se préparer pour le départ est toujours grisant et nous sommes impatients de partir pour la course, d'arriver au détroit Missassagi ou au chenal Detour avant la tombée de la nuit pour pouvoir monter vers le chenal du Nord en direction de la baie Gore à quelques 90 milles nautiques de là. Il n'y a rien de tel que d'aller à la voile par une nuit presque sans lune. Tout ce que vous pouvez entendre c'est l'eau qui frappe le bateau; vous pouvez peut-être voir quelques feux de poupe devant vous qui vous permettent de vous concentrer, d'essayer de gagner du terrain et de les dépasser. Malheureusement, cela signifie aussi que vous êtes derrière. Naviguer sous une pleine lune et un ciel dégagé est tout aussi enivrant et il n'y a rien de tel que de voir la lune se lever (quelquefois une pleine lune et quelquefois un éclat de lune), puis descendre et, avant même que vous le sachiez, voilà le soleil qui se pointe, signifiant que vous êtes près de la fin de la première étape. L'horizon est tellement grand et magnifique par une nuit dégagée et sombre où les étoiles filantes sont nombreuses à vous saluer.
L'arrivée à la baie Gore est un moment de satisfaction : nous avons relevé le défi, et nous sommes arrivés à destination saufs, mais épuisés. Mettre le bateau à l'accostage, en caler une ou deux bien froides, et puis descendre pour une sieste bien méritée avant l’accueil officiel des gens de Gore Bay qui nous reçoivent en grand en nous offrant des spectacles agréables, un souper de poisson et un savoureux déjeuner le lendemain matin. Leur hospitalité est tout à fait spontanée et nous nous sentons vraiment les bienvenus.
Puis, nous nous préparons pour l'étape 2, vérifions les systèmes météorologiques pour voir les meilleures voiles à utiliser; une bonne position au départ est toujours stimulante et la course dans la baie est toujours géniale. Il y a des jours, comme l'année dernière, où les vents d'ouest atteignaient entre 20 et 25 noeuds et où les eaux étaient mixtes, allant vers les îles et revenant rapidement pour faire du courant au bateau qui atteignait des vitesses de 11 noeuds. Nous faisions du SURF! Et puis il y a des années où rien ne bouge, où nous attendons un souffle de vent et où nous avons l'impression que nous ne reviendrons pas à Little Current à temps pour notre souper au steak.
L'arrivée à Little Current, où des gens nous attendent sur la rive et sur les quais de la ville, est toujours spéciale et les acclamations et la célébration sont épatantes. La course est maintenant terminée et les résultats sont compilés, mais peu importe les résultats, le voyage en valait la peine et représente toujours une occasion d'apprendre.
Il y a une chose au sujet de la voile, c'est que l'on ne sait jamais ce que les éléments nous réservent et pouvoir s'adapter et réagir pour assurer un passage sécuritaire, est idéal pour renforcer les compétences et la confiance quand les choses ne vont pas comme on veut, sans oublier le travail en équipe avec les compagnons de voile.
Pour moi sortir du quotidien, se fixer des défis, sortir de sa zone de confort pour voir quelle sera votre réaction dans différentes situations, c'est ce qui résume faire de la voile. Cela créé un véritable lien entre vous et votre bateau.




















