Une marche dans le parc
Mark D Dunn
Un parc est un terrain neutre, un oasis protégé des exigences de la vie urbaine, un endroit où l’anxiété s’évapore. Par n’importe quelle journée d’été, le parc Bellevue de Sault Sainte-Marie est un lieu de pique-nique pour les familles et les employés de bureau, une piste pour les joggeurs, un terrain de jeu pour les enfants, et un endroit paisible pour les contemplatifs. Les 17 hectares (42 acres) d’allées, de mares et de bancs ombragés qui surplombent la rivière Sainte-Marie sont une caractéristique du front d’eau de la ville.

J’ai découvert le parc Bellevue lors d’une sortie de classe en 4e année. Le parc me semblait immense alors. Chaque coin avait son propre mystère et offrait la promesse d’une aventure inépuisable. Même si le parc a changé au fil des ans, il exerce encore un effet magique sur moi. Quand j’y vais aujourd’hui, je redeviens l’enfant qui fait ses premières découvertes.
Dans un champ près du terrain de jeux une locomotive Porter de 1943 a accueilli les visiteurs pendant quatre décennies. Une fois à bord, les enfants et les aspirants conducteurs de tous âges conduisaient la locomotive sur des rails imaginaires. L’importance de la place de la locomotive dans la communauté a récemment été confirmée lorsqu’un groupe de partisans ont fait front pour contrer un plan de l’enlever du parc. La fervente campagne pour sauver le train a porté ses fruits. La petite locomotive a été sauvée de la retraite et demeurera en sécurité derrière une clôture à mailles losangées.
La colline du sud-est forme un bol naturel pour un abri d’orchestre qui accueille des concerts et les célébrations de la fête du Canada depuis des générations. Le site des concerts hebdomadaires d’été, la scène du parc Bellevue, constitue un rite de passage pour chaque groupe du Sault. Les spectateurs s’installent le long des collines avoisinantes pour écouter et socialiser pendant ces soirées. À côté de la scène, il y a un kiosque où l’on sert des cônes de crème glacée et des hot-dogs. La zone de pique-nique tout près est toujours pleine, même lorsqu’il n’y a pas de spectacle.
Une courte marche à travers une forêt de pins magnifiques et vous voilà rendu à la rivière. Où que vous soyez dans le parc, la rivière n’est jamais loin. La plupart des 2,4 kilomètres des sentiers pavés du parc Bellevue borde l’eau et surplomble le chenal Nord du lac Huron.
Pour voir de plus près les voies navigables, un sentier un peu moins damé mène à une péninsule édifiée, appelée l’île Topsail. L’île peut être tout à fait mystique lorsque la brume du matin lève de la rivière pour cacher la rive et envahir les champs, un mélange de pâturage foisonneux, d’arbres qui jettent de l’ombre et un rivage rocailleux. La colline demeure une place recherchée pour les cerfs-volants et les pique-niques en été et pour le ski de fond et la raquette à l’hiver.
À l’ouest de Topsail, en amont de la rivière, la marina Bellevue rappelle que Sault Sainte-Marie est un port. Les 174 bateaux de la marina sont remplis de marins qui viennent de partout autour des Grands Lacs et de la ville. Se proclamant des « accros des bateaux », les locataires observateurs à jumelles du parc étudient les cargos qui passent dans le canal Michigan. Il s’agit d’une ressource exceptionnelle, puisque chaque membre du club officieux est un spécialiste du transport des marchandises sur les Grands Lacs. Non seulement un accro des bateaux peut-il identifier le port d’attache d’un bateau, mais il peut habituellement en prédire la destination, son tonnage, et il peut vous dire sans trop chercher depuis quand il navigue sur les lacs.

Le parc Bellevue est une réserve non officielle d’oiseaux, en fait un excellent emplacement pour les « accrocs des oiseaux » également. L’omniprésent goéland argenté et le goéland à bec agaçent les pique-niqueurs pour avoir une collation, se précipitant lorsqu’ils entendent le bruit d’un sac à lunch. Les étangs et les marais sont des paradis pour les canards colverts, les harles et les canards branchus, qui pataugent pour un repas gratuit.
Quand j’étais enfant, j’entretenais un goût subtil pour le macabre. J’étais fasciné par le seul résidant humain permanent du parc Bellevue. Sur une petite colline près de l’étang une clôture en fer forgé, on trouve la tombe de l’administrateur colonial John Prince, le premier juge de district du secteur. C’est lui qui a donné son nom à Bellevue. Au dire de tout le monde, c’était un homme acariâtre. Il vivait auparavant dans le comté de Essex et a été envoyé dans le Nord parce qu’il avait ordonné l’exécution de cinq prisonniers sans procès au cours de la rébellion de 1838. Prince avait pressenti exil. Son journal et ses lettres révèlent un homme torturé par l’humiliation et confiant que l’histoire qui blanchirait son nom. Au décès de Prince en 1870, le terrain a été ouvert au public.
Le seul coin du parc Bellevue que je n’ai entièrement apprécié qu’à l’âge adulte est la serre près de l’entrée de la rue Lake. Ouverte à l’année, la serre et la pépinière produisent la plupart des fleurs que l’on voit partout dans la ville. La serre abrite également des plantes exotiques, dont un bananier. Des fontaines et des bancs font de la serre un endroit idéal pour la méditation.
Le parc continue à grandir et à s’adapter aux besoins de ses visiteurs. De nouveaux sentiers, des installations actualisées et un entretien constant de la part du personnel font du parc l’un des endroits communautaires les plus importants de Sault Sainte-Marie. De la première visite et à chaque visite par la suite, le parc Bellevue ne m’a jamais désappointé.
Quatre lieux mémorables
Le carnaval d'hiver Bon Soo, du 5 au 14 février : nombre d’activités de la gigantesque célébration hivernale ont lieu au parc Bellevue. Des promenades en traîneau, un terrain de jeux d’hiver, la renommée trempette des ours polaires dans les eaux gelées de Sainte-Marie ne sont que quelques-uns des événements exclusifs tenus dans le parc.
Le « Musée de l’arbre » près de l’édifice de l’Institut de recherche forestière de l’Ontario : les installations de recherche du ministère des Richesses naturelles est un proche voisin du parc Bellevue. Une terre à bois connue sous le nom de « musée de l’arbre », avec son feuillage marqué, offre une leçon de botanique aux visiteurs.
Le bord de l’eau : S’étirant sur des kilomètres, la rive du parc Bellevue offre l’une des plus belles vues de la rivière Sainte-Marie (le seul débit sortant naturel du lac Supérieur) et comporte nombre d’endroits paisibles pour se détendre.
La serre : On ne le dira jamais assez. La serre est un endroit merveilleux pour les amateurs de plantes et pour ceux qui ont un intérêt occasionnel. De plus, c’est un endroit agréable et chaud en hiver.
















