Plonger dans les eaux fraîches des marmites
Quelle satisfaction que de plonger dans l’eau d’un glacier fondu, par une journée chaude d’été! Notre famille est venue passer une fin de semaine de camping à Timmins, au parc provincial Kettle Lakes, en août dernier. Nous avions hâte de nous reposer dans un terrain de camping tranquille et de faire de la randonnée dans la forêt boréale, entre les épinettes et les sapins baumiers. Mais la baignade nous a réservé toute une surprise. Nous avons été enchantés par ces eaux pures et claires comme celles d’une piscine, les eaux mêmes d’un glacier.
Au cours de la dernière ère glaciaire, il y a 11 000 ans, les glaciers couvraient la région de Timmins. Avec le réchauffement du climat, la calotte a reculé et d’immenses blocs de glace sont restés coincés dans les dépressions sableuses, où se trouve aujourd’hui le parc provincial Kettle Lakes. Lorsque ces glaces ont fondu, des lacs en forme de marmite sont apparus. Bien que l’eau glaciale soit aujourd’hui remplacée par des sources d’eau souterraines, une baignade dans n’importe lequel des 20 lacs du parc demeure une expérience rafraîchissante.
Les enfants n’étaient pas aussi fascinés que moi par l’origine glaciaire des lacs Kettle. Leur appréciation en a été beaucoup plus pratique. Ils ont passé des heures à s’amuser et à se baigner tandis que ma femme et moi étions étendus sur les plages de sable du parc. Nous avons réussi à sortir les enfants de l’eau pour faire une randonnée dans le sentier Tamarack, long de 2 km, où nous avons appris l’importance de la forêt boréale pour la nidification des oiseaux chanteurs. Nous avons aussi fait de la bicyclette sur les routes de gravier autour de notre emplacement de camping, d’ailleurs niché dans un bosquet de pins qui embaumaient. Nous avons passé nos soirées autour d’un feu de camp, et les enfants se traînaient jusqu’à la tente peu après le coucher du soleil. Leurs yeux étaient tellement pesants de sommeil après une telle journée d’activité en plein air, que même les guimauves et les s’mores n’arrivaient pas à les garder éveillés.
En rentrant à la maison, les « Quand reviendrons-nous? » ont remplacé l’habituelle ritournelle : « Est-ce qu’on est bientôt rendus? » Nous avons décidé de revenir annuellement à Kettle Lakes, chacun pour des raisons différentes.










