Hearst, village gaulois?

Hearst, village gaulois!

Découvrez le p'tit Québec du Nord ontarien



Hearst a la réputation d’être le village gaulois de l’Ontario français. Oui, comme le village d’Astérix (à qui ressemble, ne manque-t-on pas de souligner, un des conseillers municipaux) et d’Obélix. Ç'a même donné lieu à un documentaire d'une heure! Nous avons cherché à savoir pourquoi et comment on en est arrivé à cette réputation…

Un facteur fait l’unanimité : Hearst est une forteresse aux résidants fiers et novateurs. S’il y a un problème, Hearst y trouvera une solution originale.

Souci d’innovation et de réinvention

Oubliez les étals de poisson et les bagarres générales : ici, on est en plein cœur de la forêt boréale, et c’est la forêt qu’on exploite. Les familles Fontaine, Gosselin, Lecours et Lévesque ont lancé de grandes scieries qui ont survécu aux crises de l’industrie forestière. Et c’est pour cette raison que Hearst est nommée capitale forestière du Canada jusqu’en 2017 par l’Institut forestier du Canada.

Mais l’esprit d’entrepreneurship local dépasse la forêt. Depuis quelques années, la Distillerie Rheault récolte les honneurs sur la scène internationale pour sa potion magique : la vodka alpha Loon, produite à partir des céréales de la région. Attention, la liqueur de cerise se taillera bientôt une place, aussi, sur le marché.

Il y a aussi le journal et la librairie. La Maison verte, une pépinière qui veille à la distribution de paniers de légumes et à la production de tomates et de concombres pour le marché régional. Des éleveurs d’alpaga et de chiens de traîneau. Des cultivateurs de citrouilles. Des pourvoiries. Des géants de la construction et de la distribution. Un centre de recherche sur le développement communautaire…

Vie culturelle et intellectuelle

Ce sens des affaires et l’isolement dans la forêt boréale étouffent-ils toute possibilité de vie intellectuelle? Ho, que non! Hearst compte une université, créée en 1953. En attirant, à une certaine époque, des pensionnaires de tout le Nord, elle a fait de Hearst une capitale culturelle régionale. «Cette assurance d'être si majoritaire», dit le dramaturge Jean Marc Dalpé, qui y a vécu de joyeuses résidences d'auteur. C’est dans ses locaux que sont nées de nombreuses institutions qui existent encore : le Conseil des arts, un des diffuseurs les plus novateurs de l’Ontario français, le journal Le Nord, un des derniers hebdomadaires indépendants de l’Ontario, un salon du livre, des regroupements d’artistes, des musiciens, des auteurs... La ville de 5000 habitants a même sa propre radio. 

Assimilation

Résultat? Ici, on assimile à l’envers! Alors que les taux d’assimilation et d’exogamie de l’Ontario français préoccupent plusieurs personnes, 95 % de la population de Hearst est franco-ontarienne (et ça mange quoi, un Franco-Ontarien, en hiver?!), avec des racines beauceronnes, gaspésiennes ou jeannoises. En Ontario, 2,5 % des ménages parlent français à la maison. À Hearst, ce sont 87 % des foyers! Ce sont donc les anglophones qui doivent apprendre le français. Et tout ça se fait dans l’harmonie!

En plus, comme la majorité des entreprises sont familiales, les employeurs anglophones se font rares, contrairement à d’autres localités du secteur, où une seule multinationale assure la quasi totalité des emplois.

Une fierté évidente

Cette véritable forteresse, forte de son économie, de son identité francophone boréale et de sa vitalité culturelle, est portée par des gens fiers et dévoués. On la découvre à son meilleur un soir de spectacle, pendant un carnaval ou une fête dans la rue, pendant une manifestation communautaire…Et on va chercher un peu de son énergie en s’isolant sur un lac, à la pêche…

Envie de visiter Hearst? Cliquez ici!

Orignaux Hearst

Photo : CDÉH

Autres lectures suggérées