Un complexe militaire 600 pieds sous terre

Ollie et Layla dans un tank!

North Bay nous rappelle la Guerre froide.

Le plus extravagant projet militaire jamais réalisé au Canada, à North Bay!



 «Si nous perdons North Bay, nous perdons le continent», avait l’habitude de dire les hauts gradés canadiens et américains à l’époque de la Guerre Froide. Parce qu’à ce moment-là, cette petite ville du nord de l’Ontario abritait le plus important maillon du système de défense de l’Amérique du Nord contre une attaque nucléaire soviétique : un impressionnant complexe militaire... enfoui 600 pieds sous terre!

Mis en service en 1963, après quatre ans de travaux de construction, la base souterraine de North Bay reste encore aujourd’hui le plus extravagant projet militaire jamais réalisé au Canada.

À l’époque, le nord du Canada constituait la «ligne de front» de la Guerre Froide. C’est en passant par le nord du Canada que les bombardiers nucléaires soviétiques allaient fondre sur les grandes villes nord-américaines... et c’est dans le nord du Canada que les forces américaines et canadiennes comptaient les détecter et les intercepter.

La base de North Bay jouait un rôle crucial dans ce système de défense. C’est à partir de là qu’on surveillait tout le ciel du grand nord canadien. 

Comme dans James Bond

Ce rôle crucial en faisait une cible de choix pour les Soviétiques. Ça explique pourquoi on a décidé de l’installer dans un immense caverne creusée dans le roc, capable de résister à un impact nucléaire.

Cette caverne faisait plus de 100 mètres de long. Il y avait là-dedans un bâtiment principal haut de trois étages, qui abritait notamment un poste de commandement dominé par un immense tableau électronique sur laquelle on pouvait suivre tout ce qui se passait dans le ciel du grand nord canadien.

Durant les 20 premières années d’opération de la base, les opérations de surveillance étaient menées, grâce à deux ordinateurs... pesant chacun 245 tonnes! Surnommé «Bonnie» et «Clyde», ces deux mastodontes étaient à la fine pointe de la technologie de l’époque. Imaginez : ils possédaient une mémoire de... 256 k!

Heureusement pour tout le continent, le complexe n’a jamais eu à faire face à une véritable attaque soviétique pendant les 43 ans où il a été opérationnelle. Mais on peut la voir en plein branle-bas de combat, dans cette 1965.

La base n’abritait pas seulement des généraux et des techniciens penchés sur des écrans radars. On y trouvait un salon de barbier, un centre médical, une cafétéria et un gym. 400 personnes auraient pu y survivre en vase clos, pendant quatre semaines, après une attaque nucléaire. 

On accédait au complexe par un tunnel long de deux kilomètres où circulaient des autobus. Le tunnel donnait accès à trois entrées protégées par de gigantesques portes blindées pesant chacune 19 tonnes!

Aujourd’hui, l’entrée de ce tunnel est tout ce qu’on peut encore voir du complexe. La base souterraine est toujours en place, mais il n’y a pas de visite possible.

À North Bay, on peut toutefois en apprendre plus sur le complexe en visitant le Musée de la défense aérospatiale des Forces canadiennes, où est notamment exposée une maquette de la base. On trouve aussi sur le site web du musée une excellente visite virtuelle du complexe.

Les amateurs d’aviation voudront aussi voir le chasseur CF-100 exposé au parc Lee. Le CF-100 est le seul avion de combat entièrement développé par le Canada ayant fait l’objet d’une production de masse.

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