Hearst, ville de motards

Les Northern Riders



La motocyclette permet l’évasion. Elle rutile, gronde et dérange. Elle a été et demeure très populaire, à Hearst, au point où le musée local lui consacre son exposition estivale. Si vous roulez sur la 11, assurez-vous d’arrêter au kiosque d’information touristique pour découvrir l’univers des Northern Riders et des Coqs assommés.

Dans les années 1950, la moto constitue un symbole de liberté et de résistance. Plus bruyants que véritablement révolutionnaires, les clubs de motards ont, dans la région de Hearst tout au moins, un caractère joyeux, rebelle, ludique et provocateur qui rend ces clubs très populaires. Ils font partie de la fibre locale.

C’est ce que l’Écomusée local a voulu immortaliser, cet été, en présentant l’exposition originale « Hearst, ville de motards ». L’enthousiasme suscité par les demandes d’entretiens, de prêts d’objets et de photographies formulées par le musée local a été exceptionnel et rend la petite histoire hearstéenne des clubs de motards bien vivante.

Un peu d’histoire

Au tournant des années cinquante et soixante, Hearst et sa région joint le mouvement nord-américain de regroupements de motocyclistes. Avec des groupes comme les « Freak Soldiers », les « Coqs assommés », les « Commandos », les « Spider Girls »,  sans oublier les célébrités locales que sont les « Northern Riders », Hearst a, à l’instar de grandes villes nord-américaines, ses contestataires sur deux roues. Chacun se dote d’un lieu de rassemblement, de codes et de badges.

À leur manière pétaradante, les membres des clubs contestent un ordre social traditionnel étouffant longtemps dominé, dans la région, par la religion catholique. En plus, dans cette ville fortement francophone où l’autorité est souvent anglophone, l’adhésion à un club offre un ancrage identitaire, un sentiment d’appartenance.

Les clubs de la région ne sont généralement pas associés à la criminalité bien qu’ils ne manquent pas à certains moments d’inquiéter, comme il se doit, les autorités. Les clubs locaux sont surtout des groupes formés d’amis d’enfance et l’adhésion au club marque un rite de passage de l’adolescence à l’âge adulte.

Des images d'archives rappellent l'étroitesse des liens tissés entre amateurs de moto de l'Abitibi et du Nord-Est ontarien.

Encore sur la route

La plupart des clubs présentés dans l’exposition sont aujourd’hui disparus, mais leur mémoire est entretenue par les anciens membres qui se font un plaisir de se revoir, d’échanger et, surtout, de conserver précieusement les souvenirs : photos, vêtements, insignes, etc.

Ils enfourchent leur motocyclette et prennent encore la route ensemble, parfois. Dans notre région, il y a plusieurs trajets qui s’offrent, dont la Transcanadienne, qui longe les rives du lac Supérieur de Sault-Sainte-Marie à Thunder Bay. La vue y est magnifique et les motocyclistes apprécient autant le paysage que la portée de cette route interminable. En connaisseurs, ils apprécient tout particulièrement certains trajets et peuvent vous dire ce qui fait qu’une route est meilleure qu’une autre à emprunter. Par exemple, saviez-vous que le pavé de la 560 est constitué d’un mélange de charbon qui rend la conduite plus agréable?

L’exposition « Hearst, ville de motards » a été présentée en 2015 au Centre Gilles-Gagnon, le kiosque d’information touristique qu’on reconnaît à ses orignaux géants, sur la route 11. 

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