La route de la baie Georgienne 

une aventure côtière bleue comme l’azur

2000 km de beautés naturelles, historiques et culturelles



Partie intégrante du majestueux lac Huron, la baie Georgienne s’étend sur 15 000 km2 et s’ouvre vers l’ouest entre la péninsule Bruce et l’île Manitoulin. La baie est parsemée de plus de 30 000 îlots, comme autant de récifs à fleur d’eau, sous la veille ininterrompue de 32 phares qui témoignent d’un riche patrimoine marin. Entourée par près de 2000 km de littoral, la baie compte parmi les eaux les plus claires de la région des Grands Lacs.

À moins de deux heures de Toronto, cet écrin de nature vivifiante s’offre facilement, que vous soyez en voiture, caravane ou sur deux roues : plages, sites de plongée, de kayak, de canoë, pistes de randonnées et de vélo, parcs naturels… Autant d’activités pour profiter pleinement de cet environnement spectaculaire !

Retrouvez dans les prochaines lignes une description des sites à ne pas manquer tout au long de votre boucle autour de la baie Georgienne. À partir de Toronto, le circuit le plus courant est de passer d’abord par la péninsule Bruce pour rejoindre la côte est mais rien ne vous empêche d’être à contre-courant !

La côte sud

Les charmes de la baie Georgienne à deux heures de l’agitation de la ville. Crédit SPOMT.

La côte sud est la partie la plus facilement ou rapidement accessible depuis Toronto. Formée de nombreuses plages, elle est tout indiquée pour les séjours en couple ou en famille.

Si vous êtes en quête d’un peu d’histoire, alors un tour s’impose à Sainte-Marie-au-pays-des-Hurons, près de Midland, dans le sud-est, où un village reconstitué passionnera petits et grands en vous faisant revivre la vie des Jésuites français au XVIIe siècle autour de nombreuses activités.

Revivez le monde disparu des pionniers ! Crédit SPOMT.

Passé Midland, le parc provincial Awenda jouit d’une position exceptionnelle. Aux abords des côtes de la baie Georgienne, il offre plus de 30 km de sentiers praticables, un lac intérieur pour faire du canoë, et des espaces pour les caravanes et le camping.

À Wasaga Beach, vous trouverez la plage d’eau douce la plus longue du monde, proposant baignades, promenades, virées en canot dans le parc provincial, et observation de la nature.

Wasaga Beach : L’Ontario a de quoi faire pâlir certaines destinations tropicales ! Crédit SPOMT.

Si Blue Mountain est connu comme destination hivernale pour ses pistes de ski (exploitées par le même groupe que Tremblant, dans les Laurentides), elle vaut aussi le coup durant les autres saisons : spas, randonnées, camps d’été pour enfants, canoë, kayak… Il y a de quoi faire ! Pour les aventuriers, direction Scenic Caves, où vous vous défoulerez en tyrolienne ou sur un pont suspendu au cœur d’une nature généreuse.

Si la meilleure saison reste l’été et le début de l’automne, l’hiver est également propice à de nombreuses activités autour de la baie, notamment à Blue Mountain. Crédit SPOMT.

Plusieurs villages balnéaires sont à découvrir dans la région sud-ouest. Entre autres, Port Elgin, avec ces six plages de sable blanc, son train à vapeur miniature, ou son marché aux puces qui attire des milliers de touristes chaque été. Ou encore Kincardine, où les surfeurs prendront la vague dans des eaux claires. À Southampton, surnommé les Hamptons de l’Ontario, vous trouverez terrains de tennis, plages, tours de phare, et promenades le long de la plage.

Rien de tel qu’une longue promenade sur le bord de mer. Crédit route côtière de la baie Georgienne (RCBG)

Toujours au sud-ouest de la baie Georgienne, rejoignez Owen Sound, située dans le creux de falaises calcaires de l’escarpement du Niagara. La ville de 20 000 habitants jouit d’une belle marina et de quatre cascades rafraîchissantes. C’est aussi l’un des rares endroits en Ontario où l’on peut observer les saumons remonter leurs rivières !

La côte est

Le temps suspend son vol au-dessus des eaux de la baie Georgienne. Crédit RCBG.

Depuis la région de Midland, rejoignez la 400 et prenez la direction nord le long de la côte. La partie est de la baie Georgienne se vit en douceur. Pour accéder à sa beauté, il faudra se fondre dans le décor des bateaux, des chalets nichés sur le rivage, des habitants adeptes de la pêche, de la baignade, et d’une vie simple.

Un moment de plénitude face à la beauté sereine et inspirante des eaux claires. Crédit RCBG.

Première étape de la côte à ne pas rater : le parc national des Îles-de-la-Baie-Georgienne. Le paysage de ses 63 îles protégées est d’une beauté brute, qui rappelle la force de la nature. Accessible seulement en bateau, le parc renferme une biodiversité incroyable, nichée au cœur de forêts d’érables et de hêtres. Si plusieurs sentiers et pistes cyclables sont disponibles, vous pouvez aussi pratiquer la pêche, la natation, le camping, le kayak, voire même le traîneau à chiens en hiver !

Plus au nord, lorsque la route 400 devient la 69, le parc provincial de Killbear constitue un arrêt de choix. Les paysages y sont bouleversants. Destination convoitée pour la voile et le kayak, c’est aussi le lieu parfait pour une balade sur les rivages rocheux, au milieu des pins balayés par le vent, ou pour un coucher de soleil sur la baie.

Le parc de Killbear combine plages de sable blanc et crêtes rocheuses si caractéristiques du bouclier canadien. Photo : SPOMT Panetta, 2012

Un peu plus au nord, la rivière des Français coule paisiblement. Ancien poste de traite, la région a contribué à l’histoire du Canada de façon unique. Il s’agissait au 17e siècle d’un axe important alors que le pays n’en était encore qu’à ses balbutiements. Ici, d’illustres explorateurs ont ouvert la voie vers les Grands Lacs : Champlain, Brule, Brébœuf, Radisson, ou encore des Groseilliers. Imaginez les coureurs de bois, les commerçants de fourrures, et les Premières Nations, voguant sur la rivière – la première inscrite au réseau des rivières du patrimoine canadien – en direction des grands horizons de l’Ouest, riche de promesses. Les plaques historiques à l’entrée du site et le magnifique centre d’interprétation décrivent cette histoire fascinante, que le sentier permet, d’une certaine façon, de revivre.

À bord d’un canot, pagayez vous aussi sur ces eaux maintes fois empruntées par l’histoire. Crédit RCBG.

À une cinquantaine de kilomètres au nord, la ville de Sudbury repose sur un passé géologique exceptionnel : un cratère formé par la chute d’une météorite ! À Science Nord, l’une des attractions les plus populaires de la région, retrouvez nombre d’expositions, un planétarium, une salle IMAX, des activités pour les enfants et bien d’autres choses encore pour apprendre l’histoire millénaire des formations rocheuses et du bouclier canadien. Le bâtiment lui-même, en forme de flocon de neige, est une curiosité, à cheval sur une faille géologique vieille d’un milliard d’années. Dans son centre des sciences de la Terre, quelques kilomètres plus loin, visitez une mine de nickel (claustrophobes s’abstenir !).

Science Nord a été inauguré en 1984, par sa majesté la reine Elizabeth II ! Photo : SPOMT

À une trentaine de kilomètres de Sudbury, le parc provincial Killarney est à ne pas manquer. Inspiration des peintres du marquant Groupe des Sept, ces paysages de pins brossés par les vents sont restés célèbres. Granite rose, quartz blanc, bleu cristallin des eaux : on comprend la fascination des artistes pour l’endroit. A.Y. Jackson, Franklin Carmichael et A.J. Casson ont été les promoteurs du projet de protection du site auprès du gouvernement. On leur doit donc, en plus d’une œuvre grandiose, un parc qui l’est encore plus…

Au nord 

À partir de Sudbury, prenez la 17 vers l’ouest, et enfin la 6 au niveau d’Espanola pour vous diriger vers la partie nord de la baie et l’Île Manitoulin, la plus grande île en eau douce du monde.

L’île offre des paysages vallonnés, des fermes avec vaches et moutons, regorge d’une quantité étonnante de lacs, on peut donc y tester la caractéristique typiquement canadienne de l’ile qui a un lac sur lequel se trouve une autre île… avec un lac ! Ce lieu abrite la quiétude de la nature. Un calme plat règne à Manitoulin, dérangé seulement par le passage de chevreuils et de balbuzards.

Dans la réserve naturelle de Misery Bay, à l’ouest, le passage du temps est encore visible avec les alvars, témoins de la présence ancienne de glaciers il y a 10 000 ans.

Au nord de l’île, dans les chutes Bridal Veil, une petite baignade s’impose. Photo : SPOMT/Meleg, 2013

La région est aussi le lieu de découvertes archéologiques rares ayant mis en évidence les cultures paléo-indiennes datant de 10 000 à 20 000 ans avant notre ère. Plusieurs Premières Nations occupent encore ces espaces. Une expérience autochtone authentique est même possible avec camping en tipi, circuit patrimonial en canot, circuit de thé, et promenade sur le Cup and Saucer, qui permet d’admirer un point de vue saisissant sur la région.

Le nom originel de l’île, Manidoowaaling, signifie « grotte de l’esprit ». Photo : SPOMT, Meleg, 2013.

Au sud de l’île, Providence Bay vous accueille sur l’une des plus belles plages de la région, un croissant longé de bancs en bois naturel sur près d’un kilomètre.

La côte ouest

Avec la compagnie de transport Owen Sound, « voyagez entourés de bons esprits ». Crédit Chi-Cheemaun.

Depuis South Baymouth, sur l’Île Manitoulin, montez à bord du traversier Chi-Cheemaun pour rejoindre au sud la péninsule Bruce. En environ deux heures de traversée, vous arriverez à Tobermory, tout près du parc national marin Fathom Five. Avis aux amateurs de plongée ! Un saut dans les eaux limpides du lac Huron ne se refuse pas facilement. Voici l’un des meilleurs endroits pour pratiquer la discipline au Canada avec un paysage sous-marin incomparable : falaises, cavernes, formations rocheuses millénaires, et même une vingtaine d’épaves sont à explorer la tête sous l’eau !

Toujours dans le parc, mais accessible par navette nautique, l’île de Flowerpot au nord est célèbre pour ses formations rocheuses en forme de pots de fleurs, ses grottes, son phare historique et ses plantes rares. Vous pourrez aussi y installer votre tente de camping.

Des formations en forme de pots, curiosités éponymes de l’île. Crédit RCBG.

Attention ! La péninsule Bruce, vue de la route 6, semble plutôt banale. Mais si vous prenez un chemin de campagne, direction est, vous verrez des falaises qui plongent dans des eaux d’un turquoise qu’on associe plus aux Bahamas qu’au Canada ! Et l’un des plus longs sentiers de randonnée pédestre de l’Ontario s’y trouve aussi : le sentier Bruce, qui traverse le Sud de l’Ontario, de Niagara à Tobermory. N’hésitez pas à enfiler vos bottes de marche et à en faire un tronçon. À l’ouest, retrouvez des plages tranquilles pour les âmes plus pépères.

Autre caractéristique de la péninsule Bruce : c'est un rendez-vous pour les plongeurs! Photo : SPOMT Danson 2010.

Conclusion

Pas de doute, la baie Georgienne a plus d’un tour dans son sac. Entre énergie tonifiante, nature calme, et activités variées, ses richesses historiques, culturelles et naturelles en font l’une des plus belles régions de l’Ontario.

Quelques repères

Se loger

Plusieurs options sont disponibles tout au long de la route côtière, entre chalets d’été sur le bord de la baie, camping dans les parcs, et hôtels dans les villes.

Quelques bonnes adresses : Meldrum Bay Inn et Anchor Inn sur l’Île Manitoulin, Bay Street Café sur la route 400, Ciboulette et cie à Midland.

Événements

Pour les adeptes de VR et moto

La route côtière de la baie Georgienne est réputée comme l’une des plus belles au sein de la communauté motocycliste. Ses grandes routes ouvertes et la présence de services adaptés en font un paradis pour les deux roues et les caravaniers.

Utilisez la carte interactive pour planifier votre itinéraire !

Autres liens utiles

Autres lectures suggérées