Le dragon du lac Supérieur

Art rupestre au rocher Agawa, dans le parc provincial du lac Supérieur: Michibeichu

et autres monstres des Grands Lacs

L’Écosse a le monstre du Loch Ness, la Colombie-Britannique a Ogopogo…



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Saviez-vous que le lac Supérieur a ses propres légendes sur un monstre de lac?

Il y a plusieurs références historiques au sujet du dragon du lac Supérieur. Ces références et contes viennent de Ellen Van Laar, qui demeure à Old Mamainse Harbour, sur la rive du lac Supérieur. Ellen dirige un petit centre de ressourcement appelé Arts and Adventure. Elle adore guider, faire la navette et raconter des histoires sur la région. Comme peintre, elle expose plusieurs grands tableaux au conservatoire de musique de l’Université d’Algoma près du centre commercial Old Mill Square, situé sous le pont International, à Sault-Sainte-Marie.

lake superior mitch paintingMitch, représenté dans Legend of Superior (1,5 m sur 1,8 m en acrylique) et exposé au conservatoire de musique de Destination North/Algoma (72, rue Heron, Sault-Sainte-Marie). Remarquez les voyageurs, en haut.

Ellen est aussi photographe, musicienne et écrivaine de cartes utilisées à des fins de discussion où elle emploie le dragon Mitch comme personnage principal. Vous pouvez trouver ces cartes illustrées de rimes pour le développement familial et celui de groupe à la galerie d’art d’Algoma (Mitch rencontre les animaux, Mitch et 12 archétypes).

painter ellen van laar arts and adventureEllen à l’œuvre dans son atelier.

Le DRAGON DU LAC SUPÉRIEUR

Peter Unwin traite du dragon Misshepezhieu dans le 3e chapitre de son livre intitulé The Wolf’s Head (Viking, 2003). Voici quelques références tirées de son livre d'après différentes descriptions de la créature. Ces histoires nous donnent la possibilité de voir de différentes façons le dragon ou de l’imaginer comme on veut.

  • En 1667, Jean Allouez a écrit au sujet des sacrifices offerts à l’esprit Missibizi afin de faire monter l’esturgeon en eau.
  • À la même époque, l’explorateur français Nicolas Perrot l’appelait Michipissy.
  • Le révérend T.S.H. Baxter était offusqué du fait que les immigrants et les prêtres discutaient de la créature.
  • L’évêque Baraga (Mishibiji) et Raudot (Mishapoux) faisaient souvent allusion à la créature et l’appelaient parfois un lion ou un serpent. Certains disent que le pouvoir de l’entité se trouve dans le cuivre.
  • En 1834, James Evans fait référence à la créature à titre de Manitou et dit qu’on doit le regarder droit dans les yeux afin de survivre à une tempête.
  • Le père Paul LeJeune a apparemment vu un homme pêcher un gros poisson telle une créature qui ressemblait à un lézard. Le jeune homme qui était avec lui l’a convaincu de le retourner à l’eau, car autrement il y aurait une tempête.
  • Pierre-Esprit Radisson aurait raconté des histoires au sujet d’un « serpent avec une tête de tortue ».
  • Vincent Germaine a vu un dragon qui le hanta apparemment toute sa vie.
  • Francis Kellogg a dit que le dragon avait la forme du lac Supérieur même.
  • Dans le livre de Unwin, il y a des histoires qui suggèrent que le dragon était impliqué dans la tragédie du navire Edmund Fitzgerald. D’après une des croyances, la créature habiterait dans des cavernes au fond du lac Supérieur. Des histoires racontent que le dragon s’empare des enfants sur le rivage et cause des tempêtes lorsqu’il est en colère. Plusieurs références des Premières Nations en parlent comme un personnage métamorphosé capable de tromper les autres.
  • Edwin James a écrit des chansons sur la créature en 1830.

Ellen m’a expliqué : « Comme vous pouvez voir, la plupart des références viennent des missionnaires, des colons ainsi que des Premières Nations. Toutes ces histoires de dragons appartiennent à l’histoire canadienne. Ce n’est que récemment que le dragon fait partie de référence d’usage courant alors qu’autrefois, des propos sur le dragon étaient effrayants et souvent tabous. 

« Souvenez-vous que Michibeichu (Mitch) est de la « médecine » pour les Ojibwés et que plusieurs le conçoivent comme un esprit qui a un accès de colère facile. D’autres le voient comme très protecteur, dans le sens positif. Les Autochtones de la région lui offrent souvent du tabac, en lui demandant la sécurité sur le lac. Il appartient peut-être au folklore, mais il fait partie intégrante des contes ojibwés et est très réel. »

La photo au début de cet article représente Michibeichu, qu’on peut voir au rocher Agawa. Selon Ellen, Michibeichu est parfois dénommé « lynx d’eau » ou « chat des grandes eaux ». D’autres disent qu’il s’agit d’un personnage métamorphosé. Une photo du scénarimage affichée près du rocher Agawa se trouve ci-dessous.

agawarock pictographs sign

J’ai suivi la suggestion d’Ellen et j’ai googlé serpents et dragons dans les Grands Lacs et j’ai trouvé plusieurs histoires de référence sur le dragon du lac Supérieur. J’y ai découvert des mentions telles que « Pressie, le serpent de mer du lac Supérieur », « le grand serpent » et « la panthère sous-marine ».

J’ai de plus décidé de googler serpents et dragons pour tous les Grands Lacs. Voici mes découvertes :

SERPENTS ET DRAGONS DES GRANDS LACS 

Lac Ontario : Gaasyendietha, d’après une légende de la nation Seneca, est une créature qui ressemble à un serpent et qui habite les eaux du lac. Le 14 août 1829, le journal Kingston Gazette and Religious Advocate rapporta que des enfants ont aperçu un hideux serpent alors qu’ils jouaient sur une plage près de Grantham, maintenant connu comme St. Catharines. Vous pouvez lire l’article qui suit, tiré du journal Torontoist, Toronto Urban Legends: The Great Serpent of Lake Ontario.

Lac Érié : On a aperçu le Bessie de South Bay, tant sur le côté canadien du lac que du côté de Pennsylvanie. On a rapporté une créature grise ressemblant à un serpent pour la première fois en 1783.

Lac Huron : Les légendes ojibwées racontent qu’un monstre aquatique Mishebeshu (grand lynx) habite un repaire sous-marin près de l’embouchure de la rivière Serpent qui se jette dans le lac Huron.

Lac Michigan : Je n’ai pu trouver aucune référence au monstre de lac dans ce Grand Lac particulier, ce qui ne nie pas la possibilité qu’une référence existe.

Quinn Meawasige m’a récemment fait réfléchir à ce que cette œuvre représente pour le peuple Anishinabe.

« Cet art rupestre représente un esprit ou un être de l’eau qui vivait dans le lac Supérieur. Le peuple Anishinabe qui vivait le long des Grands Lacs ne parlait pas de Machu Pichu comme un dragon. Ceci est une fausse interprétation du Chat des grandes eaux ou du Grand Lynx du lac Supérieur. »

J’ai alors googlé « Chat des grandes eaux » et j’ai trouvé ce site qui vous donnera plus d’information http://www.chi-manidoo.com/gichigami2.html

Notez plusieurs différences dans les légendes en provenance des Premières Nations qui vivaient ici avec les interprétations et les traductions faites par les premiers explorateurs, colons et missionnaires. Les différences culturelles et langagières ont joué un rôle majeur dans les histoires d’aujourd’hui, mais le dénominateur commun trouvé dans les contes et légendes est la puissance du lac Supérieur sur les résidants et les visiteurs.

Il y a plusieurs histoires qui rehaussent le mysticisme et la beauté du lac Supérieur. Si vous désirez explorer les eaux et les rives du lac Supérieur, voici quelques idées de voyages que vous pourriez planifier :

Busy Dragon (1,2 m sur 1,2 m) avec le lac Supérieur sur ses ailes. Photo offerte par Ellen Van Laar.
Global Warming Dragon (0,9 m sur 1,5 m) placé au centre de recherche des Grands Lacs, à Sault-Sainte-Marie. On y voit que Mitch était historiquement renommé pour occuper le bassin hydrographique de la rivière Batchawana. Mitch est en train de connaître les chercheurs et les chercheurs en apprennent sur lui. Photo offerte par Ellen Van Laar.

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