Découvrir le Groupe des Sept dans les musées

Le Musée des Beaux-Arts du Canada à Ottawa



Il faut certainement avoir le sens de l’aventure pour trouver les endroits précis qui ont séduit les peintres du Groupe des Sept, de véritables aventuriers munis de pagaies et de pinceaux. Mais on se doit aussi de profiter des musées et de galeries en plein air… 

Les grands musées de l’Ontario accordent une place d'importance à ce célébrissime Groupe des Sept. Après tout, ces hauts lieux d’art ont fait preuve d’un soutien indéfectible dans la formation et les premières activités du Groupe, alors perçu comme contestataire.

Extraite de notre série d’articles qui dépeint des lieux tous différents les uns des autres pour découvrir l'imposante œuvre et les paysages nord-ontariens, voici une liste des parcs où découvrir le Groupe des Sept.

Le Musée des beaux-arts de l’Ontario

En 1920, le Musée des beaux-arts de l’Ontario (AGO), qui porte alors le nom de Musée des Beaux-arts de Toronto, accueille la toute première exposition du Groupe. C’est l’endroit où l’on trouve la plus grande concentration de toiles de ces paysagistes et de leurs contemporains, comme Thomson et Emily Carr. La collection canadienne consacre une salle au Groupe des Sept et une à Thomson, et leurs toiles occupent aussi d'autres salles de ce superbe musée.

Le Musée des beaux-arts de l'Ontario consacre plusieurs salles au Groupe des Sept. Photo : Andréanne Joly

La Collection McMichael

À une quarantaine de kilomètres au nord-ouest de l'AGO (situé eau centre-ville de Toronto), la Collection McMichael de Kleinburg est l’occasion de voir de nombreuses toiles de Thomson, du Groupe des Sept, de Clarence Gagnon et de leurs contemporains, mais aussi de prendre l’air.

La cabane qu’occupait Thomson pour peindre, l’hiver à Toronto, et qu’ont utilisé à leur tour Jackson et Varley, a été installée sur le site du musée en 1962. Elle est maintenant considérée site historique national du Canada. En tant qu’à prendre l’air, l’occasion est offerte d’aller rendre hommage à six membres du Groupe des Sept, inhumés dans l’imposant terrain qu’occupe la Collection.

La cabane de création de Tom Thomson, un site national à visiter à Kleinburg. Photo : McMichael

À Ottawa

Ottawa, en bonne capitale nationale, offre une vitrine sur ces artistes qui ont changé la face de l’art canadien. Elle le fait notamment au Musée des beaux-arts du Canada, dont la collection permanente regroupe croquis et toiles, en plus d’organiser des expositions thématiques parfois itinérantes qui font rayonner ce chapitre de l’histoire de l’art d’ici. D’ailleurs, au début des années 1920, le directeur du Musée a fait partie du petit nombre qui soutient indéfectiblement les peintres, dont le style n’était pas sans choquer le milieu des beaux-arts.

À Huntsville

Mais, à l’instar des artistes, nous nous devons de sortir des enceintes des capitales et de prendre la route du Nord.

La région fortement touristique de Muskoka installe, depuis 2007, d’immenses reproductions des non moins grandes œuvres du Groupe des Sept. Après tout, les peintres n’ont-ils pas été particulièrement actifs dans le parc Algonquin voisin, et qui constitue le prochain arrêt dans notre itinéraire ? Ce véritable musée en plein air — le Group of Seven Outdoor Gallery — est à la fois unique et impressionnant. Dans 9 sites, on trouve 90 murales préparées par des muralistes (Gerry Lantaigne et Tim Webb, pour en nommer deux) ou créées par le public, grâce au concept de la peinture par numéros !

90 murales, dont un grand nombre est regroupé au centre-ville de Hunstville. Photo : Andréanne Joly

Huntsville, le cœur touristique de la région, concentre en son centre-ville (conçu sur mesure pour les touristes, semble-t-il) une quarantaine de ces murales. Les murales enjolivent les murs des commerces et les chercher, sans carte, constitue une agréable chasse au trésor. Surtout qu’il y a de bons cafés et comptoirs à crème glacée autour…

Près du centre municipal, une sculpture représentant Thomson, tuque au bout de la tête et pipe au bec (l’image classique du guide-peintre), assis sur une souche avec sa boîte chevalet, à mettre la touche finale à The Jack Pine. A-t-on élu le précurseur pour éviter de faire un choix déchirant parmi les sept peintres du Groupe ? Pour souligner son attachement à la région, ou sa fin tragique dans le parc, à 88 kilomètres de là ?

À Owen Sound

Pour inclure Owen Sound dans cette tournée des grands-ducs, on doit s’attarder sur le cas Thomson. En fait, son enfance à Leith, à 30 km au nord-ouest d’Owen Sound, nous force à faire détour vers le sud de la baie Georgienne — et qui s’en plaindrait ? On peut rendre hommage à l’artiste au cimetière local et lire la plaque que la Fondation du patrimoine ontarien lui a consacrée, ou se satisfaire d’une visite au musée Tom Thomson, qui abrite des croquis, des aquarelles et des commandes donnés par sa famille.

Tom Thomson, avec son célèbre bonnet et sa pipe, à Owen Sound. Photo : Pierre Ouellette

À Sudbury

Sachez que la Galerie d’Art de Sudbury présente régulièrement des expositions ayant pour thème le Groupe des Sept ou ses membres, de façon individuelle. En plus, elle organise des sorties sur le terrain, en direction de Killarney ou du belvédère A.Y. Jackson.

À Sault-Sainte-Marie

Le musée des Beaux-arts d’Algoma (l’Art Gallery of Algoma) est étonnant. La première des trois petites salles qui forment ce musée concentre, sur un même mur, des toiles de Carmichael, Casson, Jackson, MacDonald et Varley, auxquelles se mêlent les œuvres de Jack Bush et de Norval Morrisseau... Avis aux acheteurs de souvenirs : la boutique propose des œuvres d’artistes locaux et des souvenirs qui évoquent les grandes œuvres du Groupe des Sept.

Un musée étonnant : celui de Sault-Sainte-Marie. Photo : Andréanne Joly

Un peu partout

Chose certaine, c,est que les occasions de découvrir le Groupe des Sept ne manquent pas en Ontario. Parce qu’il ne faut pas négliger les autres collections – celles de l’Agnes Etherington Art Centre de Kingston, de l’Art Gallery of Hamilton, de l’Art Gallery of Windsor, du Macdonald Stewart Art Centre de Guelph, et du Riverbrink Art Museum de Queenston.

Chez vous

En 1977, Jim et Sue Waddington ont eu l’idée de trouver l’endroit où A. Y. Jackson a posé son chevalet pour peindre Hills, Killarney, Ontario (Nellie Lake). La quête est devenue des projets de vacances annuelles, puis un projet de retraite. Leurs découvertes (400, dont une importante portion dans les montagnes La Cloche) sont devenues en 2009 une exposition virtuelle bilingue, Traces. L’héritage du groupe des Sept, hébergée par la Collection McMichael au http://www.groupedessept.ca/, puis un recueil, In the Footsteps of the Group of Seven, paru en 2013 chez Goose Lane Editions & New Brunswick Military Heritage Project.

Puis, en 2015, la chaîne publique TVO a produit le documentaire Painted Land : In Search of the Group of Seven, qui permet de suivre l’historien Michael Burtch et les photographes Gary et Joanie McGuffin, à la recherche des mêmes paysages qu’on trouve sur les toiles des peintres du célèbre Groupe. Existent-ils encore ? Chose certaine, c’est que le couple d’aventuriers n’a pas ménagé les efforts pour en trouver, tant dans leur enquête préparatoire que dans leur recherche des sites. Heureusement, on peut les suivre depuis le confort du foyer...

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