Découvrir le Groupe des Sept : le Nord de l’Ontario

Attraction reconnue dans le Nord : le canyon Agawa et son train



Nous vous présentons le 5e article de notre série sur le Groupe des Sept, dont on peut découvrir l’œuvre dans les musées et les parcs provinciaux de l’Ontario.

Partout en Ontario, de nombreux sites profitent de la notoriété de ces peintres — et sûrement de l’imminence du centenaire de leur premier voyage (2018) et de leur première exposition (en 2020) — pour faciliter les visites sur leurs traces.

Sudbury

Sudbury a son belvédère A. Y. Jackson aménagé près des chutes High, à une trentaine de minutes de route au nord-ouest du centre-ville Sudbury, tout près de la route 144. C’est ici qu’il a peint Spring on the Onaping River, en 1953. On peut emprunter de courts sentiers, luxe auquel n'avait pas eu droit Jackson.

Sur le site, une plaque nous explique que la peinture a été achetée par des élèves d’une école secondaire sudburoise… mais volée quelques mois après le décès du peintre, en 1974, et jamais retrouvée.

Selon le centre des sciences Science Nord, une des attractions les plus en vue de Sudbury, ce serait aussi un excellent endroit pour observer les débris laissés par l’impact d’un météorite de 10 km de diamètre qui a formé le bassin de Sudbury, il y a 1,85 million d’années. Laissons l’explication scientifique à Terre dynamique, le centre des sciences de la Terre de Sudbury.

Sachez que la Galerie d’Art de Sudbury présente régulièrement des expositions ayant pour thème le Groupe des Sept ou ses membres, de façon individuelle. En plus, elle organise des sorties sur le terrain, en direction de Killarney ou du belvédère A.Y. Jackson.

À Sault-Sainte-Marie

Le parc Algonquin a été un site de prédilection pour le Groupe, mais aussi la région d’Algoma, qui s’étend de Sault-Sainte-Marie vers le Nord, et qui englobe les rives du lac Supérieur et le canyon Agawa.

Le musée des Beaux-arts d’Algoma (l’Art Gallery of Algoma) est étonnant. La première des trois petites salles qui forment ce musée concentre, sur un même mur, des toiles de Carmichael, Casson, Jackson, MacDonald et Varley, auxquelles se mêlent les œuvres de Jack Bush et de Norval Morrisseau... Avis aux acheteurs de souvenirs : la boutique propose des œuvres d’artistes locaux et des souvenirs qui évoquent les grandes œuvres du Groupe des Sept.

Le musée de Sault-Sainte-Marie étonne, avec ses Morrisseau, Jackson...

le canyon Agawa et le lac Supérieur

Algoma : la région qui longe le lac Supérieur au nord de Sault-Sainte-Marie s’enorgueillit d’avoir été le lieu d’escapade par excellence du Groupe dans ses premières années d’activités – en fait, avant même d’avoir exposé pour la toute première fois au Musée des Beaux-Arts de Toronto, en 1920.

Rappelons que Harris, à l’issue de la guerre, avait organisé, pendant quelques étés, des expéditions en boxcar en direction du canyon Agawa, là même où l’Algoma Central Railway propose aujourd’hui une des excursions touristiques ferroviaires les plus en vue de l’Ontario – en particulier l’automne. Le territoire, notamment celui qui est devenu le parc provincial du lac Supérieur en 1944, a été maintes fois foulé par les randonneurs-peintres.

On peut défiler les exemples. Falls, Montreal River, MacDonald; Algoma Hill, Harris; Fire Swept Algoma, Johnston, sont toutes produites en 1920. Au fil du temps, Harris s’est aventuré encore plus au nord, livrant Above Lake Superior en 1922, Afternoon Sun, Lake Superior, en 1924, North Shore, Lake Superior, en 1926... Lismer et Jackson signeront aussi des toiles portant le nom du plus grand des Grands Lacs en 1927 et en 1935… Jackson y serait allé jusque dans les années 1960.

Aujourd’hui, la route 17 en direction nord dévoile toute la grandeur et la splendeur du lac Supérieur. Et l’association touristique d’Algoma a aménagé 16 panneaux d’interprétation (Moments of Algoma), qu’on peut joindre à pied, en voiture ou en train, et qui expliquent l’attachement du Groupe des Sept à la région.

Aubrey Falls. Photo : SPOMT Howe

Ailleurs dans le Nord

Une autre destination, qui compte aujourd’hui une importante population d’artistes, a aussi retenu l’attention de Carmichael, en 1930 : le Témiskaming, en particulier Cobalt, qui avait alors déjà connu ses belles années. Même si le  puits de mine immortalisé par Carmichael a aujourd’hui disparu, A Northern Silver Mine, Cobalt demeure un important testament de ce voyage, qu’il a fait en compagnie de Jackson.

Pour en savoir plus sur
le Groupe des Sept dans le Nord ontarien

En 1977, Jim et Sue Waddington ont eu l’idée de trouver l’endroit où A. Y. Jackson a posé son chevalet pour peindre Hills, Killarney, Ontario (Nellie Lake). La quête est devenue des projets de vacances annuelles, puis un projet de retraite. Leurs découvertes (400, dont une importante portion dans les montagnes La Cloche) sont devenues en 2009 une exposition virtuelle bilingue, Traces. L’héritage du groupe des Sept, hébergée par la Collection McMichael au groupedessept.ca, puis un recueil, In the Footsteps of the Group of Seven, paru en 2013 chez Goose Lane Editions & New Brunswick Military Heritage Project.

Puis, en 2015, la chaîne publique TVO a produit le documentaire Painted Land : In Search of the Group of Seven, qui permet de suivre l’historien Michael Burtch et les photographes Gary et Joanie McGuffin, à la recherche des mêmes paysages qu’on trouve sur les toiles des peintres du célèbre Groupe. Existent-ils encore ? Chose certaine, c’est que le couple d’aventuriers n’a pas ménagé les efforts pour en trouver, tant dans leur enquête préparatoire que dans leur recherche des sites. Heureusement, on peut les suivre depuis le confort du foyer...

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