Parcours épicurien en moto dans les hautes-terres

La route Centennial Lake. Photo : Jake Jones

Une fille de moto épicurienne prend la route, près de la vallée de l'Outaouais.



J’ai pris la route avec l’équipe de Oneland pour partir à la découverte des hautes-terres, en Ontario. D’abord curieuse d’explorer ce coin de pays jamais visité qui mène vers le Nord, j’ai rapidement constaté que cette région avait tout pour me plaire. De grands espaces et une capacité à transformer une excursion routière en expérience qui va au-delà des souvenirs de courbes incroyables et de paysages époustouflants. Les hautes-terres, c’est avant tout une route de bâtisseurs qui ont fait de cette région un lieu unique pour sa nature imposante et ses nombreux attraits.

La 41 vers Denbigh. Photo : Jake Jones.

 

Arriver à Calabogie

Après les quelque 315 km qui séparent Montréal de Calabogie, on stationne nos motos au Calabogie Peaks Resort. Nous sommes attendus par nos hôtes Chris et Mélissa qui nous invitent au restaurant de l’hôtel, le Canthooks, pour l’apéro. Réchauffé par le feu de foyer qui décore le bar, on se lance charmés par l’impressionnante sélection de bières artisanales et locales en fût, une attention non négligeable lorsqu’on découvre une région et qu’on souhaite s’imprégner de la typicité du lieu.

Calabogie Peaks. Photo : Jake Jones.

À table, le chef Mark Jones vient nous rejoindre et nous parle de ses coups de cœur sur le menu. Le choix est difficile, tout à l’air délicieux et on est affamé. Alors on goûte à tout! Pendant le repas, celui qui est aussi le directeur de la restauration et l’apiculteur de l’hôtel, nous explique à quel point il est sensible à l’importance d’acheter localement ses aliments. C’est pour lui une façon d’offrir des produits frais tout en mettant de l’avant le savoir-faire des producteurs et artisans de sa région.

En dégustant un Reunion Moonshine aux pommes de la distillerie Top Shelf, qui donne l’impression de boire de la tarte aux pommes, on fait le bilan de notre repas. Unanimement, gros crush pour les ailes de poulet grillées plutôt que frites et la salade César déconstruite. Tous les ingrédients sont si justement dosés que ça crée une subtilité de saveurs. Cette salade est dans mon top 3 des meilleures à vie.

Canthooks. Photo : Jake Jones.

 

Les courbes, le café et les couleurs d’automne

Jeudi matin. Avant de prendre la route, on prépare notre journée dans les Hautes-terres. Les cartes sont déployées sur la table et ça discute. Ça débute avec un trajet sur une chaussée humide et une brume dense qui se dissipe en milieu d’avant-midi, juste à temps pour notre arrêt pour un café au Madawaska Kanu Centre, situé sur une toute petite route longeant la rivière Madawaska. Le lieu est reconnu pour ses activités de descente en kayak et rafting. On goûte à la spécialité, un latté à l’érable crémeux fait à partir de grains de café torréfiés localement par la Madawaska Coffee Co. Entre méditation et contemplation, devant la rivière, on a la douce impression d’être encore plus branchés à la nature des Hautes-terres. 

Madawaska Kanu. Photo : Jake Jones.

On reprend la route, la Siberia pour être précis. Grâce à la carte qui présente les trajets planifiés par l’équipe des Hautes-terres en moto, on se fait un itinéraire en direction de Wilno pour s’arrêter à la Wilno Tavern. C’est ce qui est génial avec leurs trajets : tout est super bien indiqué et les distances entre les différentes attractions proposées sont, pour la plupart, courtes. Ça permet de faire plusieurs activités dans une même journée tout en profitant d’une route qui, d’un arrêt à l’autre, est toujours magnifique, sinueuse et peu achalandée.

 

Comme en Pologne

À la légendaire Wilno Tavern, on est accueilli par un vieux routard sympathique, une légende du coin qui a traversé les É.-U. sur sa vieille Rebel 500 avec sa femme assise derrière. Pour ce repas typiquement polonais, on est entre bonnes mains avec Audry, qui y sert depuis plus de 30 ans the best perogies of the entire world, les meilleurs au monde. On suit le guide et on opte tous pour la Hearty Combo Platter. Saucisse polonaise, choucroute, cigare au chou, un gros pérogie et patates pilées maison. BOOM!

Wilno Tavern. Photo : Chris Hughes.

On combat l’envie de faire une sieste avec un sugar rush. Pudding au pain maison couronné d’un carré de sucre à la crème fondant. C’est un brin décadent, mais on se convainc que le sucre nous fera grand bien!

 

Rencontre souterraine

La journée continue en prenant le chemin Opeongo et avant d’atteindre Bonnecheres Caves, on s’arrête pour jeter un coup d’œil au paysage et l’étendue qu’offre Foymount, plus haut point peuplé de l’Ontario situé à 500 mètres au-dessus du niveau de la mer. 

Foymount, la ville habitée la plus élevée de l'Ontario. Photo : Jake Jones.

Prêt pour une nouvelle aventure, c’est maintenant l’heure de descendre sous terre dans les caves fraîches de Bonnechere avec notre guide Chris. On découvre un homme ouvert d’esprit qui a à cœur le bien-être et le développement de sa communauté. Avançant à tâtons dans la galerie souterraine, on rejoint deux musiciens habillés en costume d’époque qui nous attendent en jouant un hymne classique au violon et à la contrebasse. On s’installe alors pour un concert qui durera 30 minutes allant des classiques folks régionaux à la Bastringue de la Bolduc, un des moments les plus improbables de notre aventure! Le propriétaire, Chris, explique qu’il organise des repas gastronomiques et des concerts dans les caves. Ces soirées affichent complet en quelques jours seulement.

 

Go Redneck, or go home!

On fait le calcul et on conclut qu’on croise plus de dindes sauvages que de voitures sur la route du retour vers notre condo au Calabogie Peaks Resort. Pour clôturer la journée, on opte pour le Redneck Bistro. En plus d’offrir les classiques comme des fish and chips, steaks et autres burgers, le Redneck Bistro est axé sur une cuisine réconfortante de style Southern Cooking. C’est parfait parce qu’on a justement grand besoin de chaleur. Avec la grande sélection de bières de micro-brasseries locales, ainsi qu’une sélection de cocktails et de vins, la chaleur viendra rapidement. Le décor s’inscrit parfaitement dans le style rustique moderne et je suis encore épatée par le nombre de bouquets de fleurs fraîches disposés un peu partout. Ça peut sembler banal, mais on saisit tout le love que la proprio met à préparer ces bouquets pour agrémenter les lieux. Et du love, il n’y en a jamais trop dans un resto. Les Hautes-terres ont définitivement tout pour plaire aux motards que nous sommes.  

Redneck Bistro. Photo : Chris Hughes.

Question de vous familiariser avec la culture gastronomique anglo-saxonne, je me dois de vous faire quelques précisions. Première constatation, les Anglais ont tendance à manger les viandes et poissons beaucoup plus cuits que nous. Si vous voulez un steak médium/saignant, je vous invite à le commander saignant. Deuxième constatation, le degré de tolérance au piquant est vraiment relatif. Pour ne pas se retrouver avec un Bloody César qui arrache les amygdales à chaque gorgée, je suggère de répondre NON quand la serveuse te demande si on le veut hot, quitte à rajouter quelques gouttes de tabasco pour combler le besoin de feu intérieur. C’est toujours plus simple d’en ajouter que d’en enlever quand on parle de spicyness

 

Au-dessous de zéro

Dernière journée sur la route et conscients du froid annoncé pour notre dernière sortie, on décide de modifier l’itinéraire prévu pour rouler au soleil le plus longtemps possible. On prend le temps de bien déjeuner avant d’embarquer sur nos machines aux sièges couverts de givre. Ce que j’ai adoré ce matin-là, c’est de constater que malgré l’envie de profiter au maximum des Hautes-terres, on s’entend tous sur l’idée de respecter les limites personnelles. Tout le monde n’a pas la même tolérance et expérience à rouler dans ce genre de conditions et j’ai senti que le bien-être de tout un chacun était primordial. C’est génial de rouler avec des gens qui comprennent ça. Le flow est vraiment bon entre nous.

Opeongo Road. Photo : Jake Jones.

Notre hôte, Chris, nous avait parlé d’un lieu reconnu pour ses brioches à la cannelle. Ce sera notre premier arrêt de la journée. Situé sur la rue principale de Pakenham, le Pakenham General Store est à la fois une boutique, une épicerie, une galerie d’art et une boulangerie. On y retrouve des décadents sticky buns, des tartes et des sandwichs. Chris avait raison, ce magasin général sent la maison de grand-maman qui cuisine des pumpkins pies et avec le froid qu’il fait dehors, c’est franchement réconfortant. Ce moment sonne l’avant-dernier arrêt avant de repartir vers Montréal et une forme de nostalgie plane sur nos sourires sucrés de motards.

Pakenham General Store. Photo : Jake Jones.

De là, on prend le traversier pour se rendre à Quyon au Québec. Encore quelques kilomètres avant d’arriver au Coronation Hall Ciders Mills pour visiter la cidrerie avec la propriétaire qui nous raconte son histoire, sa famille, bref comment elle est tombée dans les pommes.

Devant une tarte chaude aux pommes et un cidre de pomme, lui aussi chaud juste à point, ce moment marque la fin de notre périple dans les Hautes-terres. En plus de nous surprendre par ses nombreux attraits, de nous charmer par son hospitalité et ses routes uniques, ce séjour dans les Hautes-terres nous a rappelé qu’on a beaucoup à apprendre de nos voisins en ce qui a trait au tourisme motorisé. Une région à découvrir pour tous les amateurs de grands espaces, de quiétude et de convivialité!

Centennial Lake Road. Photo : Jake Jones.

Commencez à planifier votre randonnée dès aujourd’hui.

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