Petit guide de préparation pour un voyage en van ou en caravane

Le journaliste Yves Ouellet a l'habitude des road trips.

Road trip dans la région du lac Supérieur

Le journaliste voyage Yves Ouellet a l'habitude des longues routes. Comment se prépare-t-il?



Avant de partir à l’aventure sur le pourtour du lac Supérieur, il y a un millier de choses à penser et à faire. Et pas de recette secrète pour être certain de toutes les avoir cochées. Voici quand même une liste de choses à prendre en considération. C’est l’expérience qui parle…

La destination

Le «road trip», en VR ou autrement, est plus à la mode que jamais. Tout le monde rêve de partir à l’aventure durant des jours et des semaines sur un long circuit routier qu’on explore systématiquement. Ce ne sont toutefois pas toutes les destinations touristiques qui se prêtent à ce type d’expérience, mais à n’en pas douter, toute la partie canadienne de l’un des plus grands lacs au monde correspond à une sorte d’idéal dans le monde de nos fantasmes touristiques.

Je vous imagine, au départ, en couple ou avec des amis. C’est si simple de décider quand on est seul, mais c’est parfois compliqué à plusieurs! Donc, il me semble qu’à partir du moment où l’on sait qui se joint à nous, il faut établir le consensus sur la destination le plus précisément possible et le plus longtemps avant le début du voyage.

Prêt pour s’engager sur les routes ontariennes... Photo : Tobias Weinhold sur UnSplash

Disons, juste pour l’exemple… L’immense portion ontarienne du lac Supérieur, que les locaux appellent «Superior Country» et qui traverse aussi la région d'Algoma. Une destination dont l’objectif principal s’étirera sur le territoire côtier de Sault-Sainte-Marie à Thunder Bay, ou vice-versa.

Avant de vous décider, il faut aussi établir quel genre de voyage vous ferez. Aimez-vous rouler et vous arrêter brièvement aux principales étapes? Êtes-vous actifs et passerez-vous quelques jours dans chaque parc ou localité, à randonner, pratiquer des activités nautiques, rouler à vélo et visiter? Les villes sont-elles vos priorités? Ou la nature sauvage?

Le temps

Alors, vous devrez vous pencher sur la plus précieuse des choses : le temps! Évaluez la durée probable de votre circuit, au jour le jour, et je parie qu’au retour, vous affirmerez qu’il vous aurait fallu un mois de plus. D’autant que si on envisage la grande boucle qui nous conduit à Thunder Bay par le Nord et le retour autour du lac puis par le Sud, on peut facilement s’attendre à 4 000 km de route à partir du Québec.

Et gardez-vous donc un peu d’espace pour improviser. Questionnez les agents d’information dans les bureaux de tourisme. Ils connaissent des endroits extraordinaires que vous n’auriez jamais découverts autrement.

Réserver ou non

Surtout si vous êtes en haute saison (on se demande parfois s’il y a une basse saison), il faut réserver les campings dans les parcs nationaux et provinciaux (Parcs Ontario), parfois longtemps à l’avance. Avant de placer des réservations à l’agenda, ne sous-estimez pas le temps qu’il vous faudra pour vous rendre d’un endroit à l’autre si vous voulez visiter sans empressement.

Réserver ou ne pas réserver ses campings avant de partir? Photo : Yves Ouellet

Quand?

Il y a des saisons pour voyager. Les étés de plus en plus chauds amènent des hordes de touristes, ce qui déplait souvent aux voyageurs plus sauvages. Heureusement, on peut compter sur cette mer intérieure pour rafraîchir la météo et sur le vent pour éloigner les moustiques.

La fin de l’été et l’automne, pour ceux et celles qui peuvent en profiter de septembre et du début octobre, reste la période idéale selon moi. Beau temps. Moins d’affluence et couleurs d’automne ajoutent au charme.

Prévoyez-vous pratiquer des activités de plein air? Pensez aux équipements et aux vêtements nécessaires. Photo : Yves Ouellet

Logistique

Bien avant de couler votre itinéraire dans le béton, n’hésitez pas à passer des heures sur le Web à explorer vos destinations et procurez-vous la documentation offerte. Surfez sur les sites officiels des attraits, mais aussi sur les sites d’information touristique de la province, des régions et des villes. Il existe également une foule de blogues sur lesquels des voyageurs racontent leurs expériences et vous pourrez profiter de leur expertise terrain.

Cartes ou GPS?

Les deux! Le GPS ou les applications de guidage comme Google Maps ou Maps Me et bien d’autres, vous seront absolument indispensables. Apprenez à les maîtriser avant votre départ. J’aime bien me projeter sur le terrain réel en utilisant Google Earth pour voir à quoi ressemble tel village ou telle plage. Toutefois, pour avoir un aperçu global de votre itinéraire, rien ne vaut la bonne vieille carte papier. Si vous êtes membre CAA, demandez gratuitement la carte de l’Ontario (aussi disponbile au ministère des Transports, mais gratuite dans les buraux de tourisme). Les bureaux de tourisme locaux vous donneront les cartes des municipalités et régions.

En préparation d'un road trip dans l'Ouest américain. Des bonnes vieilles cartes en papier! Photo : Yves OUellet

Documents

Videz votre porte-monnaie des cartes inutiles, mais n’oubliez pas d’apporter la carte d’assurance santé et la carte débit pour les retraits au guichet. Ne faites jamais de retrait avec votre carte de crédit.

Volet santé : Demandez à votre pharmacien de vous produire la liste des médicaments prescrits dont vous avez besoin avec ses coordonnées. Si, pour quelque raison que ce soit, vous en manquez, un pharmacien local pourra contacter le vôtre et procéder au renouvellement à distance.

Protections

Les programmes d’assistance routière sont optionnels, mais on est tellement heureux de les avoir quand une panne ou un problème survient. Vérifiez si vous n’en avez pas déjà un inclus dans votre police d’assurance routière.

Vérifiez également si votre carte de crédit comporte une assurance voyage qui pourrait s’avérer utile en certaines circonstances.

Vous n'aurez pas envie de penser paperasse en route. Réglez ça avant de partir! Photo : Adeolu Eletu sur UnSplash.

À la maison

Pendant que vous vous promenez au loin, votre maison et votre chalet continuent d’exister et la pelouse de pousser. Assurez-vous qu’un ami vient y faire une tournée d’inspection régulièrement, arroser les plantes et déplacer votre voiture dans le stationnement. Vos assurances pourraient refuser de vous indemniser si vous ne prenez pas cette précaution. Personnellement, j’engage aussi une entreprise d’entretien paysager pour au moins tondre la pelouse une fois de temps en temps. Et nous programmons l’allumage des lumières de la maison.

Et que se passera-t-il à la maison pendant votre absence? Photo : Daniel Watson sur UnSplash

RenouvellementS et paiements

Il y a quelques années, je me suis fait arrêter en traversant la ville de Québec au retour d’un long voyage. L’agent m’a alors annoncé que mon certificat d’immatriculation n’était plus valide et ça m’a coûté près de 500 $ d’amende. Depuis, je m’assure d’effectuer ou de programmer à l’avance par Internet tous les renouvellements de ce genre. Je reçois mes factures sur Internet et règle Hydro de la même façon. Salaire et pension sont versés automatiquement dans mon compte dont je surveille régulièrement les fluctuations. Les acomptes provisionnels sont programmés et si j’ai quelqu’un à payer, je le fais à distance par Interac ou versement Internet à son compte. Toutes ces pratiques sont d’une grande simplicité et même les néophytes peuvent s’y familiariser aisément.

Inspection mécanique

Incontournable, l’inspection mécanique du VR reste obligatoire. C’est le moment de faire comprendre au mécanicien le genre d’aventure dans laquelle on s’embarque et l’importance primordiale de son intervention dans la réussite de notre voyage. On ne lésine donc pas sur les remplacements préventifs et les vérifications systématiques, surtout qu’on devra rouler sur de longues portions de routes isolées.

Les préparatifs font partie intégrante du voyage et le prolongent. Ne reste plus qu’à prendre la route l’esprit tranquille. Bonne route!

Obligatoire : l'inspection mécanique! Photo : Markus Spiske sur Unsplash

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Nouveaux préparatifs devenus incontournables avec la période d’incertitude avant que la COVID-19 ne soit irréversiblement maîtrisée, il faut maintenant absolument penser à apporter avec soi une bonne provision de liquide désinfectant et de savon en plus des masques et des gants de latex ultimement. On doit également s’assurer d’être totalement autonome au plan sanitaire (toilette et hygiène personnelle).

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