Comment préparer des feux d'artifice familiaux

Une photo de Simon Carr sur Wikimedia Commons : feux d'artifice à Scarborough, en 2011

La préparation de A à Z

C'est la saison des feux d'artifice! Vous les regarderez ou vous les ferez?



Organiser des feux d’artifice : une idée tentante, mais pas si simple. L’avez-vous déjà essayé, ou êtes-vous rentré du dépanneur les mains vides, trop impressionné par le nombre d’ensembles sur les tablettes ?

Au début de l'été, les occasions ne manquent pas d'assister à des feux d'artifice — il y en a dans les plus grandes villes du pays, mais aussi dans le Nord de l'Ontario, avec le festival international Stars and Thunder de Timmins.

Si vous tenez à vous lancer vous-même dans la conception de feux, mais que vous ne savez pas trop par où commencer, voici quelques conseils d’experte.

Acheter et planifier les feux

Des règles à respecter ! D’abord et avant tout, renseignez-vous auprès de votre municipalité : certaines règles particulières pourraient entourer l’utilisation des feux d’artifice domestiques. Est-il permis de s’installer dans les espaces publics (rues, parcs, terrains de jeux) ? Faut-il un permis ? Vous le saurez en communiquant avec les autorités municipales ou avec les pompiers de votre localité.

N’essayez pas de bricoler. Fan de Pinterest, amateur des Débrouillards ou aspirant Mac Gyver, un peu de retenue ! Ne montez pas un pétard avec un rouleau de papier de toilette et ce que vous avez dans le garde-manger, et n’essayez pas de modifier les feux d’artifice ! Encouragez plutôt l’économie locale en allant chez un marchand près de chez vous. Certains grossistes en vendent en ligne.

Ne comptez pas trop. L’heure est enfin venue de procéder aux achats! Pour réaliser ce rêve, ne soyez pas accompagné de votre comptable maison, qui se fera un devoir de vous rappeler que vous flambez littéralement des dizaines de dollars. La clé, c’est de fixer un budget. On peut y mettre 250 $, 500 $, plus, ou moins, car on peut créer un joli spectacle avec n'importe quel budget, même petit. Et sachez que la durée des feux ne sera pas proportionnelle au montant investi. « Ça peut durer 4 ou 5 minutes, une dizaine de minutes, toute une soirée », dit Brigitte Hamel, conseillère en vente chez le maitre artificier BEM Feux d'artifices (situé à Coteau-du-Lac, à moins de 20 km de l’Ontario, par la 401), qui nous sert ici d’experte-conseil. Tout dépend des choix en boutique et de votre méthode d’exécution.

Les tablettes de la boutique de BEM Feux d'artifices donnent un aperçu de la variété des feux qu'on peut acheter!

L’heure des choix. Alors ça y est, le budget est approuvé, vous êtes en boutique. Qu’allez-vous acheter ? L’ensemble le plus cher sur les tablettes, en espérant qu’il soit accompagné d’un plan et d’instructions complètes ? Ferez-vous plutôt votre propre sélection ? Chose certaine, vaut mieux planifier les feux et acheter une variété de pièces.

Et on a l’embarras du choix : pétillants sparklers (étinceleurs), grenades fumigènes (smokeballs), trainées, comètes, étoiles, sans compter les obus sonores. Les mortiers, aussi, sont populaires. « Ils montent à 120, 150 pieds et font de belles explosions, dit Brigitte, mais c’est un seul coup. »

C’est clair : plus vous aurez de pièces à une seule détonation, plus il y aura de la manipulation. Brigitte suggère donc d’avoir recours à des boites multicoups, comme les cakes, qui font décoller 25, 30 ou même 100 pétards. Ils sont spectaculaires et leur prix oscille de 20 $ à moins de 70 $. Certains clients chez BEM en achètent une dizaine et quelques compléments, grâce aux précieux conseils de l’équipe sur le plancher.

Dévoilement du sexe. À la Boutique BEM, on entend de plus en plus parler des feux pour le dévoilement du sexe d’un bébé à naître. Dans ce cas-ci, Brigitte vous dirigera vers les lanternes chinoises ou les grenades fumigènes, qu’on peut se procurer dans les couleurs voulues.

La Canadian Association of Fireworks prodigue des conseils de sécurité sur son site internet.

Protection, protection, protection. Ça y est, vous êtes passé à la caisse ? Maintenant, il faut transporter le tout et l’entreposer. Mettez vos achats dans le coffre de la voiture ou la boite du camion, mais pas proche d’un combustible. Une fois à destination, gardez-les loin des enfants et lisez bien toutes les instructions et les notices. Au complet. À l’avance. Des feux d’artifice, ça reste des explosifs, donc ça se respecte. Connaissez et reconnaissez les dangers associés.

Pour en savoir plus sur les questions de sécurité : consultez les sites des gouvernements du Canada, de l’Ontario [en français] et du Québec. Si vous lisez l’anglais, rendez-vous sur le site de l’Association canadienne des feux d’artifice.

Préparer le site

Sécurisez le site. Partout, on rappelle l’importance de la prudence. Vérifiez les règlements municipaux pour savoir où vous pouvez vous installer. Choisissez un endroit plat et dégagé sur 30 mètres tout autour. Il faudra éviter de vous trouver près de câbles, bâtiments ou véhicules. Éloignez de la zone de tir toute matière inflammable ou combustible, on pense notamment à la bonbonne du BBQ et au jerrican d’essence pour la tondeuse à gazon. Et si vous manipulez les pyrotechniques, tenez-vous loin de l’alcool.

Enfouissez bien la moitié des pièces dans le sable ou la terre et donnez-leur un angle avant de les allumer, selon les instructions — Brigitte nous assure qu’il y en a sur toutes les pièces. Les cakes, eux, sont posés sur une base solide comme des dalles de béton pour que les feux puissent voler plus haut. On veut aussi que les pièces suivent la direction du vent. D’ailleurs, pensez installer les spectateurs de l’autre côté, à au moins 20 mètres et dos au vent. Assurez-vous d’avoir une bonne quantité d’eau juste à côté des pièces à allumer.

Trouvez sur le site de l'association canadienne des feux d'artifice de précieux conseils. Les vidéos sont disponibles en français.

S’exécuter

Combien d’artificiers ? Il est possible de diriger des feux d’artifice à une seule personne, qui les allumera un à la fois, et qui prendra peut-être des pauses. À deux ou trois, on peut assurer plus facilement la chorégraphie. « Si on le fait en continu, ça fait un plus beau spectacle, estime Brigitte. Ça dépend des sortes de pièces, si elles doivent être dans le sable. Ça prend un peu d’organisation et être prudent. »

On respecte les explosifs, on écoute la nature. Remettez votre projet à plus tard s’il vente à plus de 40 km/h, ou si c’est la sécheresse. Le but est de décorer le ciel, pas de faire venir les pompiers.

Protégez-vous. Vérifiez bien que vous avez prévu des lunettes, des gants, des protège-tympans, un casque. Portez des vêtements de coton plutôt que de matériaux synthétiques qui flambent facilement. De plus, attention les mains ! N'allumez pas pas une pièce pyrotechnique dans vos mains, et ne tenez pas une pièce allumée. Hé oui, on interroge les experts de BEM à ce sujet. Si vous vous demandez pourquoi il est déconseillé de le faire, vous ne devriez peut-être pas être responsable de feux d’artifice ! 

Dos au vent, les spectateurs! Photo : SPOMT 2008, à Kingston

Si certaines pièces ne démarrent pas, tant pis ! Ne vous penchez pas au-dessus pour vérifier ce qu’il se passe. Il faudra noyer tout ce qui n’a pas démarré afin d’éviter un coming out un peu tardif d’une pièce pyrotechnique dans le sac de la poubelle. Trente minutes après les feux, nettoyez le site : plongez dans l’eau les pièces allumées, qu’elles aient éclaté ou pas, et disposez des allumettes et des briquets.

Attention, toi, le jeune ! Près de la moitié des blessés par feux d’artifice ont entre 10 et 14 ans. Il s’agit souvent de jeunes sûrs d’eux, qui n’en sont pas à leurs premiers feux. En plus, 40 % des blessures sont à la tête. Ça donne du sens au port des lunettes et du casque ! Sachez aussi que la vente et la manipulation des pièces pyrotechniques est réservée aux 18 ans et plus, au Canada. 

Opter pour des feuX déjà organisés

Finalement, l’envie vous passe et vous préférez assister plus simplement à des feux d’artifices professionnels ? Ça tombe pile : la Saint-Jean, la fête de la Confédération… Le début de l’été, c’est toujours un bon moment pour admirer des feux d’artifice.

Depuis 2017, Timmins organise une compétition internationale de feux d’artifice d’une semaine, le Stars and Thunder. En 2018, il se déroule du 24 juin au 1er juillet, on prévoit des spectacles par des équipes du Canada, de la Finlande, de la Chine et du Brésil, mais aussi une programmation de concerts avec notamment Éric Lapointe, Roch Voisine, les Beach Boys et Bryan Adams.

Les feux du 1er juillet, à Ottawa, sont bien connus! Photo : SPOMT/Panetta, 2010.

Les festivités de la fête du Canada sont à leur comble dans la capitale, Ottawa, et les feux d’artifice attirent des milliers de spectateurs bon an mal an. Destination populaire chez les amateurs de plage, Wasaga Beach prévoit aussi des feux enviables, le 1er juillet.

Dans le Nord, on en répertorie un peu partout : Kenora, North Bay et Callander, Dryden, Moonbeam, Thunder Bay et Red Lake…

Plein d'activités dans le Nord sont le prétexte de feux d'artifice. Photo : SPOMT, 2017.

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