L’expérience motoneige en Ontario

Dans le Nord, pas de traverse : que de la forêt!

vue par un motoneigiste aguerri



Tant au Québec qu’en Ontario, ce qui est aujourd’hui la grande industrie du tourisme à motoneige s’est développée à partir de la simple curiosité d’aller voir ce qui se passe chez le voisin. Maintenant qu’ils ont exploré leur vaste réseau de fond en comble, nombre de Québécois veulent pousser la curiosité plus loin et regardent du côté de l’Ontario qui a beaucoup à offrir.

C’est souvent avec étonnement que les motoneigistes québécois apprennent que l’Ontario possède un réseau de sentiers tout aussi étendu que celui du Québec. Plus de 30 000 km de pistes fédérées, soigneusement entretenues par près de 200 clubs qui fonctionnent également avec des légions de bénévoles dévoués.

Ouellet infrastructureDes légions de bénévoles... francophones! Photo : Yves Ouellet

En français

La plus grande surprise demeure toutefois le fait qu’il soit possible de voyager à motoneige en français en Ontario. Parce que, avouons-le, la barrière de la langue demeure un obstacle majeur pour plusieurs. Faisons donc une mise au point indispensable avant de parler motoneige. L’Ontario compte une importante population francophone dont le nombre dépasse 600 000 personnes. Et la majorité de ces parlants français se concentre au nord de la province, juste à la limite supérieure des Grands-Lacs. S’il vous est déjà arrivé de parcourir le Canada par l’autoroute 11, c’est cette région que l’on traverse. Timmins, Smooth Rock Falls, Kapuskasing, Hearst, Wawa, Dubreuilville, Chapleau puis, plus bas, Sault-Sainte-Marie, Sudbury, North Bay et bien d’autres, sont autant de localités ou les francophones, la plupart du temps d’origine québécoise, sont solidement implantés depuis trois ou quatre générations avec l’ouverture des mines et des grands chantiers forestiers.

Et, il s’adonne aussi qu’il s’agisse d’une immense région exceptionnellement enneigée à cause de sa géographie nordique ainsi que de l’humidité drainée par les Grands-Lacs. Additionnez les facteurs neige, espace et infrastructures et vous comprendrez qu’on trouve ici la capitale ontarienne de la motoneige.

Le Corridor du Nord

Le Nord de l’Ontario (et l'Association de motoneige du Corridor du Nord) propose le circuit du Corridor du Nord. Il s’agit d’un très long sentier qui connecte avec le Québec et qui traverse cet incroyable contrée boisée d’est en ouest. Il s’y rattache de nombreuses boucles qui multiplient les possibilités d’excursions en sentiers cartographiés et surfacés, d’une ville à l’autre, ou d’expéditions hors-pistes dans l’immensité sauvage et enneigée, sur des pistes localisés sur GPS ou des espaces dépourvus de contraintes.

Au fil de leurs découvertes, les Québécois croiseront des hébergements de qualité dans les villes et tous les services requis, ou des relais forestiers pittoresques qui rappellent l’ambiance chaleureuse des camps de bûcherons. La plupart du temps, ils y seront accueillis en français et pourront partager leur passion avec des motoneigistes Franco-Ontariens on ne peut plus avenants.

Ouellet bucheronUne bonne signalisation! Photo : Yves Ouellet

Il faudra toutefois s’assurer de la plus grande autonomie possible sur des sentiers ou l’on peut rouler plus de 150 km sans franchir une seule traverse de chemin. Ils auront aussi à garder constamment à l’esprit les règles élémentaires de sécurité sur des pistes configurées comme des autoroutes, avec un balisage efficace mais minimal.

Depuis plusieurs années, une foule de motoneigistes américains et du sud de l’Ontario ont fait du Corridor du Nord leur destination privilégiée en y revenant année après année. Il reste aux Québécois à venir à la rencontre des motoneigistes franco-ontariens pour partager avec eux ce territoire et une organisation qui font leur fierté.

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