Les meilleures randos du Sentier transcanadien

Le sentier du parc du lac Supérieur

6 sections à parcourir dans le Nord de l’Ontario



Il y a quelques années, l’auteur-randonneur Michael Haynes s’est lancé le défi d’explorer le Sentier transcanadien.

Avec les conseils de randonneurs locaux, il a réuni les plus belles sections du Sentier, d’un océan à l’autre, en plein nature ou en milieu urbain, pour les aguerris comme pour les novices, les familles ou les voyageurs solos.

Ses coups de cœur sont réunis dans un guide en deux volumes, qui sont venus gonfler sa collection de guides de randonnée et de cyclisme publiés chez Goose Lane.

Ici, vous trouverez ses recommandations pour le Nord de l’Ontario, où le parcours quitte l’accotement de la Transcanadienne 17 pour emprunter des chemins qui se prêtent mieux à la randonnée ou au vélo. Parfois, ces sentiers longent le lac Supérieur, ce qui donne une randonnée à la fois difficile et magnifique.

Avec l’autorisation de Goose Lane Editions. On peut se procurer le livre chez Goose Lane ou chez MEC.

Voici donc les 6 parcours, du plus familial au plus exigeant.

 

1. Kate-Pace Way

Sortez votre vélo! C’est le meilleur moyen de parcourir l’unique étape urbaine proposée par Michael Haynes dans le Nord de l’Ontario.

North Bay, sur les rives du grand lac Nipissing, a une belle longue piste multiusage, le Kate Pace Way. Elle porte le nom d’une skieuse olympique originaire de North Bay, active sur la scène internationale de 1990 à 1998.

Ce sentier de 12 km est entièrement pavé, de la plage Marathon Beach à Cranberry Road.

Michael Haynes relève deux sections. D’abord, le kilomètre de la piste du parc Lakeshore qui, bien entendu, longe le lac. Ensuite, les trois kilomètres qui joignent les portages La Vase à Cranberry Road, aménagés sur un ancien chemin de fer, boisés et bien balisés. Ces deux sections sont reliées par les rues de la ville, notamment Booth Road, qui traverse un secteur industriel.

À noter, vous trouverez une station pour réparer les vélos au parc Lee, rue Memorial, là où se croisent le Kate Pace Way et le sentier des Kinsmen.

Le Kate Pace Way, un sentier urbain à North Bay. Photo : Discovery Routes

Aussi, le Kate Pace Way fait partie du réseau Discovery Routes, qui couvrent le district de Nipissing. Tout cycliste ou randonneur de passage à North Bay devrait y jeter un œil — on compte plus de 60 sentiers de randonnée et une trentaine de pistes cyclables et de sentiers de vélo de montagne.

Si vous restez à North Bay, prévoyez passer du temps au front d’eau et visiter le musée local et la maison où sont nées les jumelles Dionne, tout à côté. Une promenade au centre-ville est aussi chaleureusement conseillée.

 

2. Parc provincial Pigeon River

Les chutes Kakabeka (hautes de 40 m) sont passablement connues. À 60 km au sud, de l’autre côté de Thunder Bay, les chutes de la rivière Pigeon, elles, s’élèvent à 28 mètres. Elles forçaient un très long portage sur la route des fourrures.

Les High Falls de la rivière Pigeon. Photo : Parcs Ontario

Elles sont protégées par le magnifique parc Pigeon River, à cheval entre le Minnesota et l’Ontario.

La première boucle proposée par notre guide est toute courte : 2,5 km l’aller, pour un total de deux heures de randonnée. C’est le sentier Finger Point. Vous verrez le lac Supérieur se déployer.

Le sentier Finger Point, l’automne. Photo : Parcs Ontario

De retour au centre des visiteurs du parc, une boucle de 5 km dans l’autre direction mène en une heure aux chutes High Falls. Ce parcours mène ensuite à d’autres chutes, dans un tronçon moins achalandé.

Ces sentiers sont certes plutôt courts, avec quelques bons dénivelés, mais ils valent le détour. Et fait unique, des plaques d’interprétation enrichissent la marche, ce qu’on ne trouve pas ailleurs sur le Sentier transcanadien. Merci à la richesse historique de la rivière!

Ici, on décroche! On perd la couverture cellulaire une fois la randonnée entamée et qu’on s’éloigne du centre des visiteurs.

Michael Haynes a fait le Sentier transcanadien en section à l’été 2019. Photo de l’auteur, avec l’autorisation de Goose Lane Editions.

 

3. Parc provincial Sleeping Giant

Formation géologique bien en vue depuis Thunder Bay, le géant étendu dans le lac Supérieur serait Nanabijou, esprit ojibwé des eaux profondes, pétrifié. Il est tout au bout d’une péninsule, mais ressemble à une île, vue de la ville.

Il est protégé par le parc provincial Sleeping Giant (un des premiers parcs de l’Ontario, créé en 1944). C’est ici l’une des seules sections du Sentier transcanadien en boucle, celui-ci étant linéaire.

Les sentiers du parc longent les plus hautes falaises de l’Ontario, qui s’élèvent sur 240 m. Les vues sont magnifiques!

À la recommandation de Michael Haynes, on fait le tour du géant à sa base par le sentier Kabeyun à partir du point d’accès sud (South Kabeyun), où l’on trouve des installations sommaires comme des toilettes sèches et des cartes.

Au cours de cette excursion de ces 28 km, on voit bien les falaises et le lac. C’est aussi l’un des endroits les moins fréquentés du parc, du moins une fois passé la zone Talus Lake. Kabeyun donne vraiment l’impression d’être isolé.

Malgré la longueur du trajet, il demeure tout de même facile. Les plus gros défis sont d’enjamber de gros rochers, à certains endroits.

Au loin, le Géant endormi. Bienvenue dans le parc provincial Sleeping Giant! Photo : Parcs Ontario

La première partie de la rando se fait du côté du large du lac Supérieur, sur d’anciens chemins forestiers. Il n’y a pas que du littoral, ici : une belle forêt, d’abord dense, fait la transition entre le continent et le lac. Il y a quelques zones humides, puis des plages. Quelques bonnes ascensions ont l’avantage d’être courtes.

On peut étirer la randonnée par un tronçon aller-retour de 2,4 km qui mène au bout des pieds du géant, qui s’avance dans le lac Supérieur. C’est ici la pointe de la péninsule Sibley, où s’est endormi le géant, et d’où l’on voit Thunder Bay et l’Isle Royale, aux États-Unis.

Ensuite, du côté de Thunder Bay, le sentier devient étroit. Si les boisés empêchent de bien voir les falaises, une plage de petites pierres, flanquée du lac, à perte de vue, et d’une fenêtre sur les hautes parois, est un magnifique endroit pour marquer une pause. Et haut, c’est le bout du Top of the Giant. Puis, vient Sawyer Bay, que les plaisanciers affectionnent particulièrement. On complète la boucle dans des chemins forestiers plus larges, après une bonne montée.

Pour profiter au maximum de ce terrain varié, Michael Haynes suggère d’en faire une expédition d’une nuit, d’autant plus qu’il y a beaucoup de sites en arrière-pays, chemin faisant.

Aussi, vous pouvez ajouter un tronçon de 40 km, entre Kabeyun et North Trailheads. Du temps bien investi, selon ceux qui l’ont parcouru.

Si ces deux options sont trop longues à votre goût, le parc compte au total 26 sentiers de tous les calibres, la majorité au départ de South Kabeyun. Nommons Sawyer Bay, Tee Harbour, Sea Lion.

À vélo comme à pied, prenez le temps de bien étudier les cartes et de bien valider le parcours en cours de route à l’aide des marqueurs, parce que plusieurs routes se croisent.

Michael Haynes à Pukaskwa. Photo soumise par l’auteur.

4. Casques Isles : Mount Gwynne

Entre Terrace Bay et Rossport, un sentier longe le lac Supérieur : Casques Isles, 53 km partagés avec le grand sentier Voyageur et le Sentier transcanadien.

Les vues y sont imprenables, mais le sentier est franchement difficile, surtout parce qu’en pleine nature. Des bénévoles assurent régulièrement un travail important de débroussaillage : la nature reprend vite ses droits, sur les rives du lac Supérieur!

Michael Haynes s’est aventuré dans le secteur du Mount Gwynne, qui domine le sentier. Il visait la section de Schreiber Beach au sommet du mont, qui représente une ascension de 5 km. Au sommet, une vue incomparable à 360 degrés où la présence humaine se devine à peine. Une fois au sommet, on prolonge la randonnée de 2 km, une descente de 230 m sur terrain rocailleux, isolé et sauvage, jusqu’à Worthington Bay. 

Le parcours est exceptionnel. Il y a un pont suspendu, les sentiers ne sont pas larges, et de bonnes montées vous attendent dès le premier kilomètre. À votre retour, notre guide suggère fortement une baignade à la belle plage locale. Un bon rafraîchissement pour récompenser l’effort!

 

5. Parc du lac Supérieur

Un des parcs sauvages les plus difficiles, mais les plus gratifiants de la province : le parc du lac Supérieur!

Le sentier côtier du parc est long — il mesure 65 km, parcourables en 5 à 7 jours. Mais si vous préférez marcher à plus petite dose, sachez que de très nombreux points d’accès multiplient vos options.

Pour sa part, notre randonneur a opté pour le Gargantua nord, un tronçon linéaire de 10 km — donc un aller-retour de 20 km. Certaines sections, en particulier sur le littoral, sont exigeantes et sauvages.

Les rives sauvages du lac Supérieur, sur le sentier Coastal. Photo : Parcs Ontario

La première section, de Gargantua Harbour à Warp Bay, est la plus facile. C’est une ancienne route en excellent état, qui se transforme en sentier typique. Si vous avancez un peu, vous découvrirez des anses aux eaux claires. Certaines parties du sentier sont au niveau de l’eau, d’autres à une certaine altitude. Les vues sur le lac sont changeantes.

Au bout de 10 km, Chalfant Cove (attention, ce serait plus loin, selon le site de Parcs Ontario) présente des campements magnifiques. Michael Haynes y aurait volontiers passé plusieurs journées. D’ailleurs, à son avis, franchir les 20 km une seule journée, c’est ambitieux.

Si vous n’avez pas froid aux yeux, il y a aussi la section Gargantua sud du sentier Coastal. Le guide aguerri a franchi les 5 premiers kilomètres reliant Gargantua Bay à Orphan Lake, mais il a dû rebrousser chemin tant ce sentier est difficile. Les paysages côtiers, par contre, sont magnifiques. 

Le lac Supérieur, c’est 1000 occasions de randonnée. Ici, on est au parc provincial du lac Supérieur. Photo : Parcs Ontario

Le parc du lac Supérieur compte beaucoup de sentiers, 200 sites de camping en arrière-pays et un service de navette, proposé par les amis du parc à l’intention des randonneurs.

 

6. Voyageur Trail : Parc national Pukaskwa

Situé à mi-chemin entre Thunder Bay et Sault-Sainte-Marie, le parc national Pukaskwa est le seul parc national du Canada autour du lac, au milieu d’aires de conservation et de parcs provinciaux. C’est aussi le plus grand parc national de la province. Il y a donc beaucoup d’occasions de randonnées, pour tous les niveaux. Aussi, les possibilités de camping en arrière-pays, chemin faisant, sont nombreuses.

Michael Haynes s’est réservé Pukaskwa et le Voyageur Trail pour la fin!

Dans son guide, il met en lumière la piste côtière, qui longe le plus grand des Grands Lacs. Malgré la présence de plages, ce n’est pas que du bonbon et surtout pas le temps de partir en sandales. La rando de 60 km, telle qu’effectuée par le randonneur, s’inscrirait au top trois des randonnées difficiles de tout le réseau de Parcs Canada. Avec les sacs, la fatigue, le terrain, le randonneur aura avancé à moins de 2 km/h par sections.

Michael Haynes en randonnée au parc Pukaskwa. Photo fournie par l’auteur

Si c’est un peu intense pour vous, sachez qu’au parc Pukaskwa comme ailleurs, il y a plein d’autres expériences à vivre. Autour de l’anse Hattie (Bii to bii gong, de son nom anishinaabé), la réplique d’un camp anishinaabé a été aménagée. Il y a la rivière White et les chutes Chigaamiwinigum, le pont suspendu de Hook Fall, des fosses mystérieuses aménagées par l’homme à travers les siècles, des formations géologiques étonnantes comme des plages de roches éloignées des rivages, effet de la glaciation; une dizaine de sentiers, faciles, intermédiaires et un difficile qui se fait en une grosse journée de marche. Voir le site du parc national.

Mais sachez que la piste côtière vaut vraiment la chandelle! La randonnée vigoureuse, le ciel étoilé et l’immersion totale dans la nature (on en perd même le réseau cellulaire) créent une expérience qu’on peut difficilement vivre ailleurs que dans le Nord, et de surcroît, sur les rives du lac Supérieur. Elle mène du centre d’interprétation de l’anse Hattie, et vous pouvez faire une boucle. Notre randonneur-éclaireur a préféré réduire l’excursion et revenir en navette nautique — une belle expérience, aussi.

L’expérience se décline de toutes sortes de façons! Tout est clairement expliqué dans le Guide de randonnée en arrière-pays, un document PDF de 36 pages, téléchargeable dans le site du parc national.

Parcs Canada a préparé avec soin un document de préparation aux longues excursions.

le grand sentier en canot

Le grand Sentier transcanadien a intégré des portions canotables à son parcours : le sentier nautique du lac Supérieur, qui relie Thunder Bay et Sault-Sainte-Marie (ce qui représente 700 km sur route), et organisé par le Lake Superior Watershed Conservancy’s. Aussi, la longue étendue du Nord-Ouest de l’Ontario, jusqu’au Manitoba, se parcourt très (trèèèèèèès) bien en canot!

Les bons plans

Premier bon plan : vous procurer le guide «The Best of the Great Trail»chez Goose Lane Editions, signé Michael Haynes. Il contient les détails de la randonnée, la description détaillée du sentier, l’accès cellulaire, les options de logement. Une bonne ressource pour quiconque se magasine une expérience de randonnée. 

Vous aimeriez savoir où vous loger? Outre les parcs provinciaux et le parc national, qui accueillent tous les campeurs, Michael Haynes précise avoir passé la nuit au Beaver Motel de Nipigon et au Valhalla Inn de Thunder Bay.

Le mot de la fin

Dans son intégrité, le sentier transcanadien est souvent partagé avec les voitures, les randonneurs, les cyclistes. Respectez la priorité et la fragilité des autres usagers!

Aussi, en route, souvenez-vous : ne prenez que des photos, ne laissez que des traces.

C’est l’organisation provinciale du Sentier transcanadien — Ontario qui a recommandé les portions ontariennes du sentier transcanadien que Michael Haynes a choisi, parcouru et inscrit dans son livre. Ce texte original, inspiré de l’expérience de Michael Haynes, a été écrit avec le consentement de l’auteur et de Goose Lane Editions. On peut se procurer le guide «The Best of the Great Trail» chez Goose Lane Editions. 

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