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Nord de l'Ontario
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Voyage en Ontario en temps de COVID

Comment la pandémie nous a obligés à ranger nos passeports et à nous tourner vers l'Ontario

Christine Estima

Christine Estima >
Je n'ai jamais vraiment voyagé sans passeport.

Bien sûr, j’ai fait des voyages de randonnée à Vancouver et à Whistler, comme beaucoup d’étudiants rêveurs l’ont fait à 20 ans. J’ai pris le train pour Montréal pour passer du temps avec les hipsters du Mile-End, de St-Henri et de NDG. J’ai même gagné un voyage tous frais payés au Stampede de Calgary. Mais comme j'ai passé environ une décennie à parcourir l’Europe, l’Asie et l’Amérique du Sud, à vivre dans un sac à dos et à explorer des pays aussi éloignés que possible du Canada, je dois avouer que je ne me suis jamais vraiment intéressée à ma propre province. Je disais en riant que j’avais visité plus de villes en Allemagne qu’au Canada. Et vraiment, en bonne citadine, je ne voyais pas ce qu’il y a à voir en Ontario à part Toronto.

Je disais, en riant, que j'avais vu plus de villes en Allemagne qu'au Canada.

Qui aurait pu deviner ce que 2020 nous réservait? Tout ce que nous tenions pour acquis est soudainement parti en fumée. Les pays ont fermé leurs frontières, des travailleurs ont été mis à pied et des villes entières se sont arrêtées. Des couvre-feux ont été imposés, les magasins et les restaurants sont restés figés et, pire, des personnes sont décédées sans leurs proches. 

Le gouvernement canadien, comme de nombreux autres gouvernements dans le monde, a décidé de fermer les frontières du pays. La pandémie mondiale de la COVID-19 nous a tous obligés à l’introspection, à repenser notre mode de vie et à de nouvelles façons de percevoir la joie et le bonheur. 

Pour mon chum Gabe et moi, le bonheur vient du voyage : traverser les frontières, courir les couchers du soleil et voir des arbres, des arbres et encore des arbres. Nous avions un grand projet pour 2020 : faire du vélo le long de la côte du Vietnam. Puisque les voyages internationaux ont été limités et que nous tenions à notre santé, nous avons décidé de rester ici. En cet été 2020, nous explorerons plutôt des destinations ontariennes. Peut-être que tous ces touristes internationaux auraient raison de s’émerveiller devant de la beauté du Canada?

UN VOYAGE EN ONTARIO PREND FORME

Nous avons donc mis au point un plan pour pousser notre toute petite Honda Civic aussi loin que possible dans le nord de l’Ontario.

Ce sont des endroits en Ontario qui n'étaient pas à notre «bucket list» jusqu'à l'année dernière. Nous savions à peine qu'ils existaient.

Objectif : rouler jusqu’à l’île Manitoulin, aller vers le nord jusqu’au village forestier de Chapleau, faire un virage au sud-ouest vers le «Soo» (Sault Ste-Marie), puis terminer à Thunder Bay pour quelques randonnées épiques. Ce sont des endroits de l’Ontario qui, l’année précédente, ne figuraient pas sur notre liste. Nous savions à peine qu’ils existaient. Mais en tant que millénariaux en manque de contenu pour Instagram, nous avions remarqué qu’un bon lot de globe-trotter qui nous ressemblent téléchargeaient des vidéos et des photos de ces destinations nouvelles pour nous, ce qui a stimulé notre envie de voyager.

Nous avons cherché des destinations reconnues internationalement dans notre propre cour.

Nous avons tout entassé dans la voiture, téléchargé une liste de lecture Spotify (avec du Arcade Fire, Hawksley Workman et Talk Talk) et acheté deux double-double chez Tim Hortons, incertains de ce qui nous attendait. Et ce que nous avons découvert, assez curieusement, c’est qu’il y a des avantages à voyager en temps de pandémie. Des avantages que nous n’aurions jamais pu imaginer.

PREMIER ARRÊT : LA PLUS GRANDE ÎLE D’EAU DOUCE DU MONDE

Parce que les frontières sont fermées et qu’il n’y a presque pas d’étrangers, nous avons constaté dès notre arrivée dans l’île Manitoulin que nous avions presque tous les sites pittoresques pour nous seuls. 

Après avoir traversé le pont pivotant de Little Current, notre premier arrêt dans l’île Manitoulin a été le populaire Maclean’s Mountain Lookout, qui offre un coucher de soleil splendide. Nous avons eu droit à cette scène, seuls : au milieu d’un mois de juin chaud, où le soleil se couchait haut et le ciel passait du rose saumon au gris silex. Pas de jeu de coudes, pas de file d’attente. La distanciation physique nous a permis de vivre un moment bien romantique.

Lorsque nous avons parcouru le célèbre sentier Cup and Saucer qui fait une boucle sur plusieurs kilomètres avec une altitude de plus de 1100 pieds, nous ne nous sommes pas battus pour avoir une place de stationnement. (En fait, chaque fois que nous sommes partis en randonnée, nous n’avons pas rencontré cinq autres touristes.) Lorsque nous avons atteint le premier sommet (la montagne compte quatre vues et belvédères incroyables), il était désert. Pourtant, quand j’avais fait part de nos plans à ma mère, elle m’avait dit qu’elle avait fait ce sentier par le passé, mais qu’il lui avait fallu huit heures pour faire la boucle à cause de la foule. Gabe et moi l’avons fait en quatre.

Du luxe À Sault Sainte-Marie

Un autre avantage que nous avons découvert lorsque nous sommes arrivés au «Soo», c’était qu’on a pu trouver un hébergement abordable, et qui aurait normalement coûté les yeux de la tête. En raison d’une baisse des réservations internationales, les prix des nuitées ont baissé (qu’il s’agisse d’Airbnbs, de chambres d’hôtes, de maisons d’hôtes, de campings ou d'hôtels), nous avons donc été agréablement surpris de ne pas avoir à dépasser notre budget de voyage.

Au Soo, par exemple, nous avons été surclassés à une suite des maîtres avec un très grand lit pour le prix d’une chambre standard. Tout ce que nous avions à faire, c’était de le demander. L’hôtel offrait le petit déjeuner gratuit; comme la salle à manger était fermée en raison de la COVID, la réception nous a offert un déjeuner en sac. Quand nous nous sommes rendus compte que l’hôtel comptait plus de sacs déjeuners que de clients, nous avons demandé un sac additionnel pour la route et notre souhait a été très gentiment exaucé. «Demandez et vous recevrez», disent-ils. Ce mantra s’est avéré utile pendant ce voyage.

CHEMINS FORESTIERS ET google maps 

Mais ce n’était pas que beau et facile. Bientôt, lorsque nous avons eu besoin de la présence d’autres personnes, elles se sont faites rares. Au cours de notre trajet vers Chapleau, nous nous sommes complètement perdus sur une route forestière abandonnée, parce que Google Maps nous a redirigés vers un «itinéraire plus rapide». 

«Vous êtes les plus fous que j’aie vus sur cette route, avec ce genre de voiture!»

Une fois entrés sur les terres de la Couronne, nous avons perdu le service cellulaire, ce qui nous a empêchés de rechercher un autre itinéraire. Puis, la route est rapidement passée de l’asphalte à la terre, puis au gravier et finalement à d’énormes pierres. Nous n’avons vu que deux autres véhicules – des quatre par quatre – au cours de notre épreuve de trois heures. Dans notre Honda Civic toute basse, nous ne pouvions pas aller plus vite que 12 kilomètres à l’heure de peur de casser un pneu ou de toucher le fond. La route se poursuivait, dangereuse. Nous devions sortir et dégager les arbres de la route ou contourner d’énormes trous de boue. Nous avons prié pour croiser un bon samaritain.

Finalement, après de longues heures, un homme sympathique nommé Keith est passé en pick-up. La route était trop étroite pour qu’il nous dépasse, alors Gabe l’a appelé à l’aide et il s’est approché de notre fenêtre avec un sourire rassurant.

Pendant la COVID, nous faisons tous de notre mieux pour garder nos distances. Quand Keith est apparu à ma fenêtre pour nous offrir de l'aide, j'ai dû lutter contre l'envie de lui donner le plus gros câlin du monde.

«Vous êtes les plus fous que j’aie vus sur cette route dans ce genre de voiture», a-t-il dit en riant avant de nous offrir de nous suivre jusqu’à l’autoroute et promettant un remorquage si jamais on touchait le fond — littéralement. Ayant vécu dans la région toute sa vie, il connaissait chaque virage ou obstacle qui l’attendait sur cette route de la torture. J’aurais pu jurer qu’il y avait un halo autour de sa tête lorsqu'il nous a offert de la nourriture et de l’essence si nous en avions besoin. Pendant une pandémie, nous faisons tous de notre mieux pour garder nos distances, mais quand il est venu à la fenêtre pour nous proposer de l’aide, j’ai lutté contre l’envie de le serrer dans mes bras de toutes mes forces. Il nous a donc très gracieusement guidés pendant une heure et demie. Même en ces temps pas comme les autres, personne ne traverse la vie sans l’aide et le soutien des autres. Comme Keith l'avait promis, nous avons fini par retrouver l’autoroute. Je suis sortie de la voiture et j’ai embrassé la route pavée. Et ce n’est même pas une blague.  

LE NORD-OUEST POUR GRIMPER LE sleeping giant

Lorsque nous sommes finalement arrivés à Thunder Bay, nous nous sommes assurés que chaque heure comptait de nouvelles aventures passionnantes : les chutes Kakabeka Falls, le mont McKay, les Cascades. Encore une fois, chaque endroit était tout à nous. Mais bien sûr, notre Kilimandjaro, notre pièce de résistance, c'était l'ascension du Sleeping Giant.

Le long des rives du lac Supérieur, surplombant Thunder Bay, le Sleeping Giant offre l’un des sentiers de randonnée les plus gratifiants du nord de l’Ontario. Une randonnée complète de haut en bas de la montagne peut prendre entre six et huit heures même pour les randonneurs les plus chevronnés. En arrivant dans le stationnement vide, nous avons levé les yeux vers la montée devant nous — 563 mètres. C’est plus haut que la tour CN!

Encore une fois, la place était à nous. Nous n’avons pas vu une autre âme pendant les 90 premières minutes de notre randonnée. Une fois arrivés dans une clairière, nous avons crié pour voir si d’autres randonneurs nous répondraient, mais seul notre écho nous est revenu. Enfin, atteignant le fameux belvédère de la gorge après quatre heures, nous avions l’impression de pouvoir glisser dans nos poches le soleil brillant et le lac bleu scintillant et les emmener avec nous. Ils étaient tout à nous. Et ça a été notre récompense.

Au sommet : un selfie bien mérité!

Les routes de campagne animées de la côte vietnamienne nous attendent. Mais l’été dernier, nous avons été à la fois reconnaissants et surpris de comprendre enfin pourquoi le Nord de l’Ontario est une destination de rêve pour les voyageurs du monde entier.

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