Le lac Témiscamingue

Devil's Rock! Photo : le Tour du lac Témiscamingue

une histoire géologique fascinante

« Le Témiscamingue était sous les tropiques, avec la mer, le soleil, les coraux. »



Dans la région du Témiscamingue, on compte sur une histoire minière riche, mais il faut aussi compter sur une histoire géologique plusieurs fois millénaires. Bernard Flébus, ancien maire de Ville-Marie, est passionné : « Je suis un maniaque de fossiles. Il y a une particularité au Témiscamingue : tout le tour, il y a 400 millions d’années, la terre était en un morceau, et le Témiscamingue était sous les tropiques, avec la mer, le soleil, les coraux. »

Lui qui s’adonne à la plongée sous-marine dans le parc national d’Opémican et autour de l’île Mann sur le lac Témiscamingue en connaît un rayon sur le passé géologique de la région. « L’île Mann, qu’on appelle l’île du Dr Lalande, était une formation de calcaire. Les continents se sont séparés, on a migré vers l’hémisphère nord et tous les sédiments calcaires ont été recouverts par du granit. Ils ont été préservés des centaines de millions d’années. Il y a je ne sais plus combien de dizaines de millions d’années, la faille de la rive ouest du lac est apparue. Tous les affleurements calcaires sont revenus un peu à la surface. »

Le tout nouveau parc national d'Opémican. Photo : SÉPAQ

Avec la glaciation, les glaciers n’ont pas beaucoup bougé du côté de l’Ontario, d’où les grosses falaises comme Devil’s Rock. De l’autre côté, les glaciers ont râpé les collines et ont révélé des sites calcaires vieux de 400 millions d’années. « Ce calcaire contient énormément de fossiles. J’amène mes amis, c’est un véritable supermarché de fossiles. Des gastéropodes énormes. Des énormes coraux. C’est vraiment intéressant », s’enthousiasme le féru de géologie.

Bernard Flébus recommande aux plaisanciers le site d’Opémican avec, côté Ontario, les chutes MacLaren, dans une baie de la portion la plus étroite du lac Témiscamingue, au sud. « L’eau est limpide et glacée, les chutes sont magnifiques. C’est un petit coin de paradis. C’est magnifique », commente-t-il. Et à l’entrée des chutes, on peut profiter d’une grande plage de sable.

Ville-Marie, théâtre d’une histoire canadienne

Si votre bateau est amarré du côté québécois, visitez Ville-Marie, établie à la fin du 19e siècle par la colonie missionnaire des Oblats et par des compagnies forestières qui tirent profit des grandes forêts du lac Témiscamingue, on trouve encore de nos jours des vestiges passionnants.

La maison du Frère-Moffett. Photo : courtoisie

On peut y visiter la Maison du Frère-Moffett, la plus ancienne demeure en Abitibi-Témiscamingue, bâtie en 1881 par le premier oblat à coloniser la région. Un peu plus loin, juste avant Saint-Édouard-de-Fabre, on trouve le Fort-Témiscamingue, ancien poste de traite fortifié construit en 1679 par des traiteurs de pelleteries, puis devenu fort français en 1720. Il témoigne de la rivalité qui a couru sur deux siècles entre Français et Anglais pour la traite des fourrures.

Fromages, miels, confitures... Des produits qu'on aime! Photo : Fromagerie Thornloe 

« Il y a aussi la Foire gourmande de Ville-Marie, qui est vraiment un incontournable », prévient Dominic Bérubé, un fier Témiscamien, grand amateur d’histoire. Avis aux gourmands, la Foire gourmande de l’Abitibi-Témiscamingue du Nord-Est ontarien vaut le détour avec ses producteurs, exposants et artistes locaux. Elle se tient chaque année en août et attire des milliers de visiteurs. En fait, si la Foire est si populaire, c'est que le Témiscamingue et franchement gourmand! Carnet d'adresses à l'appui!

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