Une journée à Sault Sainte-Marie

La maison Ermatinger du Sault

Quatre sites pour découvrir le Sault



Sault-Sainte-Marie. Tristement connue dans les années 1990 pour son rejet du bilinguisme, il s'agit aussi, voire surtout, d'une ville riche d’un passé industriel audacieux et d’un univers boréal pluriel. Bonus : sa population francophone a aujourd’hui retrouvé sa place et le drapeau franco-ontarien flotte même à l’occasion devant l’hôtel de ville.

Bref, aucune raison de bouder la belle industrielle. La ville - autrefois Bawating et Sault du Gaston - plaira tant aux ingénieurs qu’aux âmes artistiques! Et pour vous faciliter la tâche, dans un carré de moins de 750 mètres tout près de la rivière Sainte-Marie, vous trouverez trois attractions phare de la ville, qui permettront d’assouvir la curiosité de tous les membres de la famille.

Premier arrêt : Le site national historique Ermatinger-Clergue

Durée de la visite : 90 minutes

Sault-Sainte-Marie exploite le site national historique Ermatinger-Clergue, qui porte le nom de deux pionniers de l’endroit.

Un magnifique centre patrimonial, qui a ouvert ses portes en 2014, permet de mieux connaître l’histoire de Sault-Sainte-Marie avant de visiter les bâtiments historiques.

Au Centre d'interprétation Ermatinger-Clergue. 

Le premier et le plus imposant est la maison de pierre, habitée dès 1812 par Charles Oakes Ermatinger, un commerçant d’origine suisse, sa compagne Mananowe, la fille du chef ojibwé du pays, et leurs premiers enfants (ils en auront 13). Sault-Sainte-Marie n’est alors qu’un poste de traite.

Mais c’est le début de la guerre, et les troupes en provenance des États-Unis brûlent tout sur leur passage. Heureusement, la structure de pierre tient le coup, et on peut visiter encore aujourd’hui la vieille maison de pierres Ermatinger, qui a aussi eu la vocation de taverne, prison locale, cour et résidence du shérif.

La Maison Ermatinger. Photo : Andréanne Joly

La visite offre une excellente mise en perspective du mode de vie des ancêtres : elle permet de voir le fonctionnement — et le caractère essentiel — de l’énorme âtre, de reconnaître l’ingéniosité des gens de l'époque et de constater le confort dans lequel on vit, quelque 200 ans plus tard. Il s’agirait de la maison la plus vieille maison au Nord de Toronto.

À côté, le blockhaus s’élève. Autrefois sur le site de l’ancien poste de traite, c’est là où Francis Hector Clergue, qui a donné un élan industriel à la ville, a habité de 1894 à 1908. Le bâtiment a été déménagé en 1996 à côté de la maison Ermatinger.

Dans le centre patrimonial, à l’accueil, des documents d’interprétation sont offerts en français. Amateurs de jardinage, vous y trouverez aussi des graines provenant des jardins du site historique, notamment des trois sœurs (courges, citrouilles et maïs) et des fleurs.

 

Deuxième arrêt : Le Canadian Bushplane Heritage Centre

Durée de la visite : 90 minutes

Le musée consacré à l’avion de brousse de Sault-Sainte-Marie plonge dans un univers plus grand que nature! L’immense hangar dans lequel sont stationnés 29 avions et hydravions a servi de base au service aérien du ministère ontarien des Richesses naturelles à partir des années 1940.

L’endroit est tout désigné pour visionner le film 3D sur l’univers de la lutte aux incendies de forêts et qui fait entrevoir, du haut des airs, le travail des soldats du feu, qui saisit et impose le respect. (Pour voir le film en version française, il faut aller à Sudbury, chez Science Nord. Ça vaut la peine!)

Dans l’ancien garage, vous aurez envie de déambuler d’un appareil à l’autre et de monter à bord de nombre d’entre eux, ouverts. L’histoire de l’aviation prend vie, ici! Une section à ce sujet, mise en place par le gouvernement de l’Ontario, est présentée en français et en anglais.

 

Troisième arrêt : L’Art Gallery of Algoma

Durée de visite : 45 minutes

Ne vous laissez pas berner par la grosseur de l’édifice qui héberge l’Art Gallery of Algoma : vous y verrez des œuvres des plus grands de la peinture canadienne, comme le Groupe des Sept et Norval Morrisseau!

Pour la petite histoire, le musée a ouvert ses portes en 1980. Et Casson, l’un des célèbres peintres, y était.

Dès l’accueil, une magnifique fresque de Sault-Sainte-Marie, signée John Hartman, donne le ton. Et tout au fond, la collection permanente s’impose. Installée sur quelques pans de murs, elle propose des toiles du Groupe des Sept et celles d’artistes locaux. Il y a beaucoup de Casson, Jackson, MacDonald, mais aussi de Robert Pilot et de MacDougall ainsi que des contemporains figuratifs Jack Bush et Norval Morrisseau.

L'Art Gallery of Algoma : chargée de classiques! Photo : Andréanne Joly

Mais pourquoi l’omniprésence du Groupe des Sept? À partir de 1918, les peintres ont souvent séjourné dans la région d’Algoma, qu’ils ont décrite comme « un aperçu de Dieu même » (a glimpse of God himself). En 1919, les peintres ont loué un box-car, l’ont transformé en logis pour séjourner dans la vallée de l’Agawa. L’excursion ferroviaire vers le canyon Agawa  est d'ailleurs aujourd'hui une autre attraction très prisée de Sault-Sainte-Marie. (Voir l'article signé Benoît Legault) A.Y. Jackson s’y est ensuite acheté un chalet, qu’il a occupé jusque dans les années1960.

Le train de l'Agawa Canyon... Photo: Destination Ontario

Ici, tout est en anglais, mais le langage de la peinture n’est-il pas universel?

Une jolie boutique met en vedette des artisans locaux et des objets souvenirs du Groupe des Sept et autour du bâtiment, on peut observer des œuvres en plein air.

 

Quatrième arrêt : la Hub Trail jusqu’aux écluses (en passant par le resto)

À partir de l’Art Gallery of Algoma, une marche d’environ 30 minutes (de 2,5 km à 3,5 km) sur la piste cyclable riveraine, la Hub Trail, fait rejoindre les écluses, attraction incontournable de Sault Sainte-Marie.

Entre ces visites, trouvez-vous une bonne table! Sault-Sainte-Marie est connue pour sa forte proportion de personnes d’origine italienne. Ici, on connaît bien la pizza! Accompagnez-la d’une bière locale, comme la IPA Rabbit's Foot ou la rousse Anvil d’Outspoken, brasserie et resto sur la Queen, entre la Gallery et les écluses. Sachez qu’il existe aussi deux autres brasseries : la Northern Superior Brewing (à côté du musée de l’aviation) et la Soo Brewing Company, de l’autre côté de la rivière.

Post scriptum

Sault-Sainte-Marie a la particularité de partager son nom avec une jumelle américaine, installée de l’autre côté de la rivière Sainte-Marie. Ce qui veut dire qu’à Sault-Sainte-Marie, Ontario, on vous donnera la température en Celsius comme en Fahrenheit et on vous précisera la date précise de l’Action de grâce, pour ne pas la confondre avec sa version américaine. Ça ajoute au charme!

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